Épiphanie – 6 janvier 2019

Épiphanie

Du grec épiphanéia : « apparition » ; de épiphainéin : « paraître ou briller sur »

L’Epiphanie célèbre la manifestation de Jésus comme Messie et correspond au jour où les rois mages, guidés par la lumière d’une étoile, arrivèrent jusqu’à Jésus, dans l’étable où il est né pour l’adorer.

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui  […] Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.” (Mt 2,1-12)

Avec ces paroles, les mages, venus de terres lointaines, nous font connaître le motif de leur longue traversée : adorer le roi nouveau-né. Voir et adorer : deux actions mises en relief dans le récit évangélique : nous avons vu une étoile et nous voulons adore. […]  Comme les rois mages, mettons-nous en route, revêtons-nous de lumière et marchons vers l’Étoile de Jésus » Pape François

Les Mages

Le récit de l’Evangile ne présente que succinctement les mages et ne dit pas qu’ils sont trois. C’est sans doute parce qu’ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe que la tradition populaire en a déduit qu’ils étaient trois. Vers le VIe siècle les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent. Les mages représentent  tous les peuples de la terre pour qui Jésus est né. Ces mages seraient des savants perses, vivant à Babylone, l’actuel Irak, philosophes et astronomes. A la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine, chroniqueur italien et archevêque, dans “La Légende dorée” dressa le portrait des Rois mages: “Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité. Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir”.

Tradition de la galette des Rois:

Le jour de l’Epiphanie, partout en France, il est de tradition de tirer les Rois, lors de la traditionnelle galette des Rois.

Les origines de la galette remontent à une fête païenne au Temps des Romains. Les romains célébraient début janvier les Saturnales, fête pendant laquelle les rôles entre maîtres et esclaves était inversés. Un esclave ou un domestique était désigner le “Prince des Saturnales” par la fève d’un gâteau. Il voyait tous ses désirs exaucés le temps d’une journée.

Cette tradition s’est poursuivie et la galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette dernière part appelée « part du Bon Dieu » ou « part de la Vierge », était pour le premier pauvre qui se présenterait. La galette reste aujourd’hui un symbole d’accueil et de convivialité.

En Provence:

Il n’y a pas de galette mais bel et bien un gâteau des Rois (ou Couronne des Rois). Ce gâteau est une brioche, en forme de couronne, appelée « Lou Reiaume »; elle est parfumée à l’orange, surmontée de fruits confits symbolisant les pierres précieuses offertes par les Rois Mages, ainsi que des gros grains de sucre. A l’intérieur de la brioche, sont disposés deux fèves, une vraie et un santon. Le roi sera celui qui obtiendra la fève, et celui qui aura le santon sera son sujet. Le roi garde son trône toute la journée, mais en contrepartie, celui qui obtient la fève achètera la prochaine brioche ! Cette  tradition dure en Provence jusqu’au 2 février, jour de la Chandeleur, qui marquera alors la fin de fêtes calendales.