Père Charles Mallard-L’art du discernement
L’art du discernement
16° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Sg 12,13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43
En rassemblant les paraboles du Royaume, saint Matthieu nous rapporte en quelque sorte le traité de vie spirituelle que nous révèle Jésus. A travers les histoires et les images, le Seigneur nous montre les secrets du cœur de Dieu, ce qui nous permet de mieux comprendre la logique divine, et donc de mieux accueillir son action. Ainsi les paraboles d’aujourd’hui nous apprennent comment reconnaître ce qui vient de Dieu, ce qu’on peut appeler l’art du discernement.
Premier repère que donne la parabole du bon grain et de l’ivraie : la première impression n’est pas toujours la bonne, la première réaction n’est pas toujours la meilleure. A travers les conseils du maître à ses serviteurs, c’est toute la patience de Dieu qui nous est partagée : il faut savoir attendre et ne pas se précipiter. Mais, dirons certains, on n’a pas toujours le temps d’attendre. En fait, ceux dont le métier est l’urgence savent qu’on ne le fait bien que si l’on s’est longuement entrainé avant : quand on n’a pas le temps après, il faut le prendre avant. Dans tous les cas, le temps détruit ce qui ne s’est pas fait avec lui ! C’est sans doute l’un des enjeux les plus important du discernement : savoir attendre le bon moment. Dans la première lecture, le sage soulignait aussi cette dimension essentielle de la durée : « à tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute tu accordes la conversion », c’est-à-dire que le temps est une deuxième chance pour le pécheur. Pour le bien comme pour le mal, c’est dans la durée que se révèle la nature des choses, mais aussi le cœur des personnes !
Ensuite, Jésus évoquait la parabole de la graine de moutarde ; deuxième repère de discernement ; le spectaculaire n’est pas forcément le plus important. Ou, dit autrement, il ne faut pas se fier aux apparences … on se souvient que c’est déjà ce que disait le Seigneur à Samuel lorsqu’il regardait les fils de Jessé pour trouver le roi choisi par Dieu. Comment ne pas se tromper ? Il faut connaître. Si le jardinier ne doit pas mépriser la graine de moutarde sous prétexte qu’est est toute petite, ce n’est pas non plus en choisissant les plus petites graines qu’on obtient les plus grands arbres ! Le discernement passe aussi par la connaissance, on ne reconnaît que ce que l’on connaît ! Il ne suffit pas d’attendre, il faut aussi étudier, savoir découvrir et savoir apprendre, savoir réfléchir et savoir se laisser guider.
Enfin, la dernière parabole que nous avons entendue est celle du levain dans la pâte. Elle nous révèle un troisième repère pour le discernement : de même que le levain, pourtant minoritaire, agit sur la farine pourtant majoritaire, de même ce n’est pas toujours la majorité qui compte. Entre parenthèse, au long des siècles, les différents révolutionnaires et agitateurs le savent bien : contrairement à certains mythes politiques, la majorité ne fait pas l’histoire, en général elle la subit ! Il ne s’agit pas de chercher à s’extraire du reste du monde : le levain n’a aucun intérêt hors de la pâte. Mais il faut renoncer à l’illusion qu’une chose est bonne ou normale parce que tout le monde la trouve bonne ou normale. Ainsi le discernement ne doit pas chercher l’unanimité, ni avec lui … ni contre lui !
Savoir patienter, chercher à connaître, et ne pas suivre aveuglement le plus grand nombre, tels sont les trois axes que les paraboles de ce jour nous proposent pour comprendre et agir comme Dieu. Sans doute trouverons-nous ces principes particulièrement difficiles à observer dans un monde marqué par une culture de l’instantané, de l’apparence et de la foule … Mais en vérité, si Jésus évoque « ce qui est caché depuis la fondation du monde », c’est que le défi concerne toutes les époques ! A l’image de ce que saint Paul dit aux Romains, il faut accepter, non seulement que nous ne savons prier comme il faut, mais aussi que nous ne savons pas discerner comme il faut … aussi, comme pour la prière, le discernement demande de rester disponible à la présence et à l’action de l’Esprit Saint.
Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Fille de Sion, qu’elle soutienne notre patience pour que nous puissions habiter le temps, décidant et agissant au bon moment. Trône de la Sagesse, qu’elle nous rende attentifs à la nature des choses plutôt qu’aux apparences pour que nous puissions mieux comprendre ce que Dieu nous propose. Porte du Ciel, qu’elle nous conduise sur le chemin qui mène au Père, même quand c’est un chemin exigeant, pour que nous demeurions en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 03 mai 2026
Père Charles Mallard-L’art du discernement
L’art du discernement
16° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Sg 12,13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43
En rassemblant les paraboles du Royaume, saint Matthieu nous rapporte en quelque sorte le traité de vie spirituelle que nous révèle Jésus. A travers les histoires et les images, le Seigneur nous montre les secrets du cœur de Dieu, ce qui nous permet de mieux comprendre la logique divine, et donc de mieux accueillir son action. Ainsi les paraboles d’aujourd’hui nous apprennent comment reconnaître ce qui vient de Dieu, ce qu’on peut appeler l’art du discernement.
Premier repère que donne la parabole du bon grain et de l’ivraie : la première impression n’est pas toujours la bonne, la première réaction n’est pas toujours la meilleure. A travers les conseils du maître à ses serviteurs, c’est toute la patience de Dieu qui nous est partagée : il faut savoir attendre et ne pas se précipiter. Mais, dirons certains, on n’a pas toujours le temps d’attendre. En fait, ceux dont le métier est l’urgence savent qu’on ne le fait bien que si l’on s’est longuement entrainé avant : quand on n’a pas le temps après, il faut le prendre avant. Dans tous les cas, le temps détruit ce qui ne s’est pas fait avec lui ! C’est sans doute l’un des enjeux les plus important du discernement : savoir attendre le bon moment. Dans la première lecture, le sage soulignait aussi cette dimension essentielle de la durée : « à tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute tu accordes la conversion », c’est-à-dire que le temps est une deuxième chance pour le pécheur. Pour le bien comme pour le mal, c’est dans la durée que se révèle la nature des choses, mais aussi le cœur des personnes !
Ensuite, Jésus évoquait la parabole de la graine de moutarde ; deuxième repère de discernement ; le spectaculaire n’est pas forcément le plus important. Ou, dit autrement, il ne faut pas se fier aux apparences … on se souvient que c’est déjà ce que disait le Seigneur à Samuel lorsqu’il regardait les fils de Jessé pour trouver le roi choisi par Dieu. Comment ne pas se tromper ? Il faut connaître. Si le jardinier ne doit pas mépriser la graine de moutarde sous prétexte qu’est est toute petite, ce n’est pas non plus en choisissant les plus petites graines qu’on obtient les plus grands arbres ! Le discernement passe aussi par la connaissance, on ne reconnaît que ce que l’on connaît ! Il ne suffit pas d’attendre, il faut aussi étudier, savoir découvrir et savoir apprendre, savoir réfléchir et savoir se laisser guider.
Enfin, la dernière parabole que nous avons entendue est celle du levain dans la pâte. Elle nous révèle un troisième repère pour le discernement : de même que le levain, pourtant minoritaire, agit sur la farine pourtant majoritaire, de même ce n’est pas toujours la majorité qui compte. Entre parenthèse, au long des siècles, les différents révolutionnaires et agitateurs le savent bien : contrairement à certains mythes politiques, la majorité ne fait pas l’histoire, en général elle la subit ! Il ne s’agit pas de chercher à s’extraire du reste du monde : le levain n’a aucun intérêt hors de la pâte. Mais il faut renoncer à l’illusion qu’une chose est bonne ou normale parce que tout le monde la trouve bonne ou normale. Ainsi le discernement ne doit pas chercher l’unanimité, ni avec lui … ni contre lui !
Savoir patienter, chercher à connaître, et ne pas suivre aveuglement le plus grand nombre, tels sont les trois axes que les paraboles de ce jour nous proposent pour comprendre et agir comme Dieu. Sans doute trouverons-nous ces principes particulièrement difficiles à observer dans un monde marqué par une culture de l’instantané, de l’apparence et de la foule … Mais en vérité, si Jésus évoque « ce qui est caché depuis la fondation du monde », c’est que le défi concerne toutes les époques ! A l’image de ce que saint Paul dit aux Romains, il faut accepter, non seulement que nous ne savons prier comme il faut, mais aussi que nous ne savons pas discerner comme il faut … aussi, comme pour la prière, le discernement demande de rester disponible à la présence et à l’action de l’Esprit Saint.
Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Fille de Sion, qu’elle soutienne notre patience pour que nous puissions habiter le temps, décidant et agissant au bon moment. Trône de la Sagesse, qu’elle nous rende attentifs à la nature des choses plutôt qu’aux apparences pour que nous puissions mieux comprendre ce que Dieu nous propose. Porte du Ciel, qu’elle nous conduise sur le chemin qui mène au Père, même quand c’est un chemin exigeant, pour que nous demeurions en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 03 mai 2026
Père Charles Mallard-L’art du discernement
L’art du discernement
16° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Sg 12,13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43
En rassemblant les paraboles du Royaume, saint Matthieu nous rapporte en quelque sorte le traité de vie spirituelle que nous révèle Jésus. A travers les histoires et les images, le Seigneur nous montre les secrets du cœur de Dieu, ce qui nous permet de mieux comprendre la logique divine, et donc de mieux accueillir son action. Ainsi les paraboles d’aujourd’hui nous apprennent comment reconnaître ce qui vient de Dieu, ce qu’on peut appeler l’art du discernement.
Premier repère que donne la parabole du bon grain et de l’ivraie : la première impression n’est pas toujours la bonne, la première réaction n’est pas toujours la meilleure. A travers les conseils du maître à ses serviteurs, c’est toute la patience de Dieu qui nous est partagée : il faut savoir attendre et ne pas se précipiter. Mais, dirons certains, on n’a pas toujours le temps d’attendre. En fait, ceux dont le métier est l’urgence savent qu’on ne le fait bien que si l’on s’est longuement entrainé avant : quand on n’a pas le temps après, il faut le prendre avant. Dans tous les cas, le temps détruit ce qui ne s’est pas fait avec lui ! C’est sans doute l’un des enjeux les plus important du discernement : savoir attendre le bon moment. Dans la première lecture, le sage soulignait aussi cette dimension essentielle de la durée : « à tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute tu accordes la conversion », c’est-à-dire que le temps est une deuxième chance pour le pécheur. Pour le bien comme pour le mal, c’est dans la durée que se révèle la nature des choses, mais aussi le cœur des personnes !
Ensuite, Jésus évoquait la parabole de la graine de moutarde ; deuxième repère de discernement ; le spectaculaire n’est pas forcément le plus important. Ou, dit autrement, il ne faut pas se fier aux apparences … on se souvient que c’est déjà ce que disait le Seigneur à Samuel lorsqu’il regardait les fils de Jessé pour trouver le roi choisi par Dieu. Comment ne pas se tromper ? Il faut connaître. Si le jardinier ne doit pas mépriser la graine de moutarde sous prétexte qu’est est toute petite, ce n’est pas non plus en choisissant les plus petites graines qu’on obtient les plus grands arbres ! Le discernement passe aussi par la connaissance, on ne reconnaît que ce que l’on connaît ! Il ne suffit pas d’attendre, il faut aussi étudier, savoir découvrir et savoir apprendre, savoir réfléchir et savoir se laisser guider.
Enfin, la dernière parabole que nous avons entendue est celle du levain dans la pâte. Elle nous révèle un troisième repère pour le discernement : de même que le levain, pourtant minoritaire, agit sur la farine pourtant majoritaire, de même ce n’est pas toujours la majorité qui compte. Entre parenthèse, au long des siècles, les différents révolutionnaires et agitateurs le savent bien : contrairement à certains mythes politiques, la majorité ne fait pas l’histoire, en général elle la subit ! Il ne s’agit pas de chercher à s’extraire du reste du monde : le levain n’a aucun intérêt hors de la pâte. Mais il faut renoncer à l’illusion qu’une chose est bonne ou normale parce que tout le monde la trouve bonne ou normale. Ainsi le discernement ne doit pas chercher l’unanimité, ni avec lui … ni contre lui !
Savoir patienter, chercher à connaître, et ne pas suivre aveuglement le plus grand nombre, tels sont les trois axes que les paraboles de ce jour nous proposent pour comprendre et agir comme Dieu. Sans doute trouverons-nous ces principes particulièrement difficiles à observer dans un monde marqué par une culture de l’instantané, de l’apparence et de la foule … Mais en vérité, si Jésus évoque « ce qui est caché depuis la fondation du monde », c’est que le défi concerne toutes les époques ! A l’image de ce que saint Paul dit aux Romains, il faut accepter, non seulement que nous ne savons prier comme il faut, mais aussi que nous ne savons pas discerner comme il faut … aussi, comme pour la prière, le discernement demande de rester disponible à la présence et à l’action de l’Esprit Saint.
Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Fille de Sion, qu’elle soutienne notre patience pour que nous puissions habiter le temps, décidant et agissant au bon moment. Trône de la Sagesse, qu’elle nous rende attentifs à la nature des choses plutôt qu’aux apparences pour que nous puissions mieux comprendre ce que Dieu nous propose. Porte du Ciel, qu’elle nous conduise sur le chemin qui mène au Père, même quand c’est un chemin exigeant, pour que nous demeurions en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
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Publié le 03 mai 2026