Père Charles Mallard-Repères pour une vie en église
Repères pour une vie en église
23° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 33,7-9 ; Ps 94 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18, 15-20
Il n’est pas toujours facile de voir l’enchainement logique entre différentes parties d’un évangile, surtout quand il s’agit de la lecture du dimanche. Parfois c’est clair : on entend une histoire du début à la fin, ou bien c’est une réflexion qui éclaire un aspect de la vie. Mais dans l’évangile d’aujourd’hui, comment passe-t-on de la correction fraternelle à la promesse des clés, et de la promesse des clés à la communion dans la prière ? En fait, il n’est pas nécessaire de chercher des explications compliquées : les évangiles réunissent parfois des enseignements autour d’un thème ; et le thème qui rassemble les différents enseignements que nous avons entendus c’est la vie en église … ce qui tombe plutôt bien au début d’une année pastorale.
Nous avons entendu les recommandations de Jésus sur la correction fraternelle. On évitera évidemment de penser que le Seigneur nous encourage à l’indiscrétion, au commérage ou à la délation ! D’abord parce qu’il s’agit de réagir à une situation conflictuelle : « si ton frère a commis un péché contre toi » … déjà on évite de se mêler de ce qui ne nous regarde pas ! Ensuite, il est fait appel à un ou deux autres témoins, ce qui une manière de sortir des susceptibilités personnelles. Enfin l’affaire est portée devant l’Église, pour qu’il soit clair que l’enjeu est le péché, donc la fidélité à la parole de Dieu, et non pas des divergences d’opinion. Si le texte du livre d’Ezéchiel a été lu en première lecture, c’est qu’il résonne avec ce que recommande Jésus. Le Seigneur nous demande d’être guetteur de la parole de Dieu. C’est la dimension prophétique de la vie de l’Église qui est ainsi évoquée. Nos relations ne sont pas guidées par les affections et les émotions mais par la parole de Dieu. C’est cette parole qui doit nous inspirer, c’est notre fidélité à cette parole qui doit nous conduire.
Ensuite, l’évangéliste rapporte ce qui rappelle la promesse des clés, mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement à Pierre, mais à chacun de nous qu’il est dit : ce qui est fait sur la terre sera fait dans le ciel. Ainsi nous sommes appelés à vivre sur la terre comme au ciel. C’est-à-dire que notre existence est une anticipation de l’éternité. Ce n’est pas inutile de s’en souvenir, parce que la tentation est grande d’oublier que le ciel est l’horizon de la terre, que notre vie terrestre prépare notre vie céleste. Ce poids d’éternité que nous confie Jésus est développé dans les conseils de saint Paul aux Romains : « n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel ». En affirmant que l’amour est l’accomplissement de la Loi, saint Paul souligne cette continuité entre la terre et le ciel et rappelle que l’église a vocation à vivre dans l’amour de charité, donc avec une dimension diaconale. C’est dans le service et l’engagement que nous apprenons à être ce que nous serons.
Enfin, l’évangile se termine par la promesse de la présence de Dieu et de la puissance de la prière commune. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom » dit Jésus. Prière et présence divine nous renvoient à la dimension liturgique de la vie de l’Église. C’est elle qui est la source et le ciment de sa mission. Sans cette dimension, la prophétie n’est qu’une odieuse invective morale, et la charité n’est qu’un humanisme bien fragile. Sans le mystère de la communion entre nous et avec Dieu, comment pourrions-nous porter la parole qui nous est confiée ? Comment pourrions-nous aussi oser vivre sur la terre comme au ciel ? Rien de religieux n’est authentiquement spirituel si l’on reste un archipel de personnes qui ne se rencontrent pas pour accueillir celui qui nous rassemble.
Puisque nous sommes dans le temps de la rentrée, nous voilà avec un beau programme pour l’année pastorale qui s’ouvre devant nous. Il nous faut tout d’abord être vigilants à la dimension de prière et de prière communautaire. Si la relation à Dieu comporte toujours un cœur à cœur personnel, elle ne se construit pas authentiquement chacun dans son coin. C’est, ensemble, réunis au nom du Seigneur Jésus, que nous pouvons toucher la présence du Christ et ouvrir notre cœur à son cœur. Nous devons aussi nous efforcer de faire en sorte que notre vie, nos gestes et nos paroles, soient signes du Ciel sur la terre. Nos amitiés et nos relations n’ont d’intérêt que si elles restent ouvertes à l’éternité, et nous devons prendre garde que nos égoïsmes et nos indifférences ne nous ferment pas à la miséricorde de Dieu. Enfin, nous devons être attentifs à développer en nous l’amour de la Parole du Seigneur qui fait de nous des veilleurs. Dans l’écoute et la méditation de cette Parole, le Seigneur nous façonne peu à peu et nous permet de trouver des repères pour avancer dans le service de la vérité bien plus solides que les sentiments ou les émotions.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide tout au long de cette année à devenir toujours plus fidèles à l’appel du Seigneur. Trône de la Sagesse, qu’elle nous apprenne à témoigner de la Parole que nous aurons méditée. Mère du Bel Amour, qu’elle nous soutienne dans nos services et nos engagements, pour que nous conduisions le monde qui nous est confiée jusqu’à la gloire qui lui est promise. Porte du Ciel, qu’elle nous accompagne dans la prière, pour que nous puissions déjà goûter la présence de celui qui nous attend, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 16 août 2026
Père Charles Mallard-Repères pour une vie en église
Repères pour une vie en église
23° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 33,7-9 ; Ps 94 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18, 15-20
Il n’est pas toujours facile de voir l’enchainement logique entre différentes parties d’un évangile, surtout quand il s’agit de la lecture du dimanche. Parfois c’est clair : on entend une histoire du début à la fin, ou bien c’est une réflexion qui éclaire un aspect de la vie. Mais dans l’évangile d’aujourd’hui, comment passe-t-on de la correction fraternelle à la promesse des clés, et de la promesse des clés à la communion dans la prière ? En fait, il n’est pas nécessaire de chercher des explications compliquées : les évangiles réunissent parfois des enseignements autour d’un thème ; et le thème qui rassemble les différents enseignements que nous avons entendus c’est la vie en église … ce qui tombe plutôt bien au début d’une année pastorale.
Nous avons entendu les recommandations de Jésus sur la correction fraternelle. On évitera évidemment de penser que le Seigneur nous encourage à l’indiscrétion, au commérage ou à la délation ! D’abord parce qu’il s’agit de réagir à une situation conflictuelle : « si ton frère a commis un péché contre toi » … déjà on évite de se mêler de ce qui ne nous regarde pas ! Ensuite, il est fait appel à un ou deux autres témoins, ce qui une manière de sortir des susceptibilités personnelles. Enfin l’affaire est portée devant l’Église, pour qu’il soit clair que l’enjeu est le péché, donc la fidélité à la parole de Dieu, et non pas des divergences d’opinion. Si le texte du livre d’Ezéchiel a été lu en première lecture, c’est qu’il résonne avec ce que recommande Jésus. Le Seigneur nous demande d’être guetteur de la parole de Dieu. C’est la dimension prophétique de la vie de l’Église qui est ainsi évoquée. Nos relations ne sont pas guidées par les affections et les émotions mais par la parole de Dieu. C’est cette parole qui doit nous inspirer, c’est notre fidélité à cette parole qui doit nous conduire.
Ensuite, l’évangéliste rapporte ce qui rappelle la promesse des clés, mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement à Pierre, mais à chacun de nous qu’il est dit : ce qui est fait sur la terre sera fait dans le ciel. Ainsi nous sommes appelés à vivre sur la terre comme au ciel. C’est-à-dire que notre existence est une anticipation de l’éternité. Ce n’est pas inutile de s’en souvenir, parce que la tentation est grande d’oublier que le ciel est l’horizon de la terre, que notre vie terrestre prépare notre vie céleste. Ce poids d’éternité que nous confie Jésus est développé dans les conseils de saint Paul aux Romains : « n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel ». En affirmant que l’amour est l’accomplissement de la Loi, saint Paul souligne cette continuité entre la terre et le ciel et rappelle que l’église a vocation à vivre dans l’amour de charité, donc avec une dimension diaconale. C’est dans le service et l’engagement que nous apprenons à être ce que nous serons.
Enfin, l’évangile se termine par la promesse de la présence de Dieu et de la puissance de la prière commune. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom » dit Jésus. Prière et présence divine nous renvoient à la dimension liturgique de la vie de l’Église. C’est elle qui est la source et le ciment de sa mission. Sans cette dimension, la prophétie n’est qu’une odieuse invective morale, et la charité n’est qu’un humanisme bien fragile. Sans le mystère de la communion entre nous et avec Dieu, comment pourrions-nous porter la parole qui nous est confiée ? Comment pourrions-nous aussi oser vivre sur la terre comme au ciel ? Rien de religieux n’est authentiquement spirituel si l’on reste un archipel de personnes qui ne se rencontrent pas pour accueillir celui qui nous rassemble.
Puisque nous sommes dans le temps de la rentrée, nous voilà avec un beau programme pour l’année pastorale qui s’ouvre devant nous. Il nous faut tout d’abord être vigilants à la dimension de prière et de prière communautaire. Si la relation à Dieu comporte toujours un cœur à cœur personnel, elle ne se construit pas authentiquement chacun dans son coin. C’est, ensemble, réunis au nom du Seigneur Jésus, que nous pouvons toucher la présence du Christ et ouvrir notre cœur à son cœur. Nous devons aussi nous efforcer de faire en sorte que notre vie, nos gestes et nos paroles, soient signes du Ciel sur la terre. Nos amitiés et nos relations n’ont d’intérêt que si elles restent ouvertes à l’éternité, et nous devons prendre garde que nos égoïsmes et nos indifférences ne nous ferment pas à la miséricorde de Dieu. Enfin, nous devons être attentifs à développer en nous l’amour de la Parole du Seigneur qui fait de nous des veilleurs. Dans l’écoute et la méditation de cette Parole, le Seigneur nous façonne peu à peu et nous permet de trouver des repères pour avancer dans le service de la vérité bien plus solides que les sentiments ou les émotions.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide tout au long de cette année à devenir toujours plus fidèles à l’appel du Seigneur. Trône de la Sagesse, qu’elle nous apprenne à témoigner de la Parole que nous aurons méditée. Mère du Bel Amour, qu’elle nous soutienne dans nos services et nos engagements, pour que nous conduisions le monde qui nous est confiée jusqu’à la gloire qui lui est promise. Porte du Ciel, qu’elle nous accompagne dans la prière, pour que nous puissions déjà goûter la présence de celui qui nous attend, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 16 août 2026
Père Charles Mallard-Repères pour une vie en église
Repères pour une vie en église
23° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 33,7-9 ; Ps 94 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18, 15-20
Il n’est pas toujours facile de voir l’enchainement logique entre différentes parties d’un évangile, surtout quand il s’agit de la lecture du dimanche. Parfois c’est clair : on entend une histoire du début à la fin, ou bien c’est une réflexion qui éclaire un aspect de la vie. Mais dans l’évangile d’aujourd’hui, comment passe-t-on de la correction fraternelle à la promesse des clés, et de la promesse des clés à la communion dans la prière ? En fait, il n’est pas nécessaire de chercher des explications compliquées : les évangiles réunissent parfois des enseignements autour d’un thème ; et le thème qui rassemble les différents enseignements que nous avons entendus c’est la vie en église … ce qui tombe plutôt bien au début d’une année pastorale.
Nous avons entendu les recommandations de Jésus sur la correction fraternelle. On évitera évidemment de penser que le Seigneur nous encourage à l’indiscrétion, au commérage ou à la délation ! D’abord parce qu’il s’agit de réagir à une situation conflictuelle : « si ton frère a commis un péché contre toi » … déjà on évite de se mêler de ce qui ne nous regarde pas ! Ensuite, il est fait appel à un ou deux autres témoins, ce qui une manière de sortir des susceptibilités personnelles. Enfin l’affaire est portée devant l’Église, pour qu’il soit clair que l’enjeu est le péché, donc la fidélité à la parole de Dieu, et non pas des divergences d’opinion. Si le texte du livre d’Ezéchiel a été lu en première lecture, c’est qu’il résonne avec ce que recommande Jésus. Le Seigneur nous demande d’être guetteur de la parole de Dieu. C’est la dimension prophétique de la vie de l’Église qui est ainsi évoquée. Nos relations ne sont pas guidées par les affections et les émotions mais par la parole de Dieu. C’est cette parole qui doit nous inspirer, c’est notre fidélité à cette parole qui doit nous conduire.
Ensuite, l’évangéliste rapporte ce qui rappelle la promesse des clés, mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement à Pierre, mais à chacun de nous qu’il est dit : ce qui est fait sur la terre sera fait dans le ciel. Ainsi nous sommes appelés à vivre sur la terre comme au ciel. C’est-à-dire que notre existence est une anticipation de l’éternité. Ce n’est pas inutile de s’en souvenir, parce que la tentation est grande d’oublier que le ciel est l’horizon de la terre, que notre vie terrestre prépare notre vie céleste. Ce poids d’éternité que nous confie Jésus est développé dans les conseils de saint Paul aux Romains : « n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel ». En affirmant que l’amour est l’accomplissement de la Loi, saint Paul souligne cette continuité entre la terre et le ciel et rappelle que l’église a vocation à vivre dans l’amour de charité, donc avec une dimension diaconale. C’est dans le service et l’engagement que nous apprenons à être ce que nous serons.
Enfin, l’évangile se termine par la promesse de la présence de Dieu et de la puissance de la prière commune. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom » dit Jésus. Prière et présence divine nous renvoient à la dimension liturgique de la vie de l’Église. C’est elle qui est la source et le ciment de sa mission. Sans cette dimension, la prophétie n’est qu’une odieuse invective morale, et la charité n’est qu’un humanisme bien fragile. Sans le mystère de la communion entre nous et avec Dieu, comment pourrions-nous porter la parole qui nous est confiée ? Comment pourrions-nous aussi oser vivre sur la terre comme au ciel ? Rien de religieux n’est authentiquement spirituel si l’on reste un archipel de personnes qui ne se rencontrent pas pour accueillir celui qui nous rassemble.
Puisque nous sommes dans le temps de la rentrée, nous voilà avec un beau programme pour l’année pastorale qui s’ouvre devant nous. Il nous faut tout d’abord être vigilants à la dimension de prière et de prière communautaire. Si la relation à Dieu comporte toujours un cœur à cœur personnel, elle ne se construit pas authentiquement chacun dans son coin. C’est, ensemble, réunis au nom du Seigneur Jésus, que nous pouvons toucher la présence du Christ et ouvrir notre cœur à son cœur. Nous devons aussi nous efforcer de faire en sorte que notre vie, nos gestes et nos paroles, soient signes du Ciel sur la terre. Nos amitiés et nos relations n’ont d’intérêt que si elles restent ouvertes à l’éternité, et nous devons prendre garde que nos égoïsmes et nos indifférences ne nous ferment pas à la miséricorde de Dieu. Enfin, nous devons être attentifs à développer en nous l’amour de la Parole du Seigneur qui fait de nous des veilleurs. Dans l’écoute et la méditation de cette Parole, le Seigneur nous façonne peu à peu et nous permet de trouver des repères pour avancer dans le service de la vérité bien plus solides que les sentiments ou les émotions.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide tout au long de cette année à devenir toujours plus fidèles à l’appel du Seigneur. Trône de la Sagesse, qu’elle nous apprenne à témoigner de la Parole que nous aurons méditée. Mère du Bel Amour, qu’elle nous soutienne dans nos services et nos engagements, pour que nous conduisions le monde qui nous est confiée jusqu’à la gloire qui lui est promise. Porte du Ciel, qu’elle nous accompagne dans la prière, pour que nous puissions déjà goûter la présence de celui qui nous attend, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
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Publié le 16 août 2026