Père Charles Mallard-L’exemple de la Cananéenne
L’exemple de la Cananéenne
20° Dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Is 56, 1.6-7 ; Ps 66(67) ; Rm 11,13-15.29-32 ; Mt 15,21-28
L’évangile que nous venons d’entendre est surprenant. On a beau le connaître, il est difficile de s’y habituer. C’est d’abord l’attitude de Jésus qui est étonnante ! On n’a pas vraiment l’habitude de le voir sourd aux appels de détresse, et encore moins méprisant pour les païens. Et puis il est dur avec cette femme. Il la traite de « petit chien », et même il lui reproche de s’adresser à lui ! Bien sûr on peut penser qu’il joue la comédie, qu’il pousse la femme dans ses derniers retranchements … mais si c’est un jeu, il est cruel et c’est vraiment surprenant de la part du Seigneur ! Et puis, il y a la réponse de cette femme … fulgurante ! Désarmante ! D’habitude c’est Jésus qui trouve la formule choc, qui désarçonne ses interlocuteurs. On a l’impression ici que dans cette histoire c’est la femme qui a été inspirée par l’Esprit Saint ! Certes l’histoire se termine bien et la morale est sauve, mais elle reste bien étrange. Et pourtant, puisqu’elle nous est rappelée aujourd’hui, c’est qu’il est important de s’en souvenir.
Il est important déjà de se souvenir de la persévérance de la cananéenne. Combien d’entre nous sont capables d’une telle persévérance ? Dans l’épreuve, en général on se décourage bien vite. Si Dieu n’exauce pas nos prières, on se résigne, ou bien on lui en veut ! Si l’on n’obtient pas ce que l’on demande, c’est que Dieu n’existe pas, ou qu’il n’est pas aussi bon qu’on le dit ! Cette histoire nous rappelle déjà que Dieu n’est pas un distributeur de guérison à nos ordres. La première raison de son silence c’est de mesurer la profondeur de notre demande. Mais même quand nous y tenons vraiment et sincèrement, ce n’est pas parce qu’on prie que l’on doit obtenir. Ce n’est pas Dieu qui doit nous obéir et sa bonté n’est pas mesurée par la satisfaction de nos désirs.
Si la persévérance est une qualité essentielle de la foi, la foi comporte aussi une dimension d’humilité, celle dont fait preuve la cananéenne. En acceptant le titre de « petit chien », cette femme reconnaît qu’elle n’a pas de droit sur Dieu et qu’elle ne mérite pas la grâce qu’elle demande. Mais son humilité n’est pas seulement une absence d’orgueil. En parlant des miettes qui tombent de la table des maîtres, elle reconnaît implicitement Jésus comme son maître. Son humilité n’est pas seulement modestie, mais aussi dépendance. Ce n’est pas toujours facile de reconnaître qu’on ne mérite pas ce qu’on demande, surtout quand on fait des efforts, et pourtant, même Jésus accepte : que ta volonté soit faite et non la mienne.
Enfin, après la fidélité et l’humilité, le troisième élément de sa prière, c’est l’attention à la justice. D’abord parce qu’elle demande quelque chose de juste : que sa fille soit libérée du démon qui la tourmente, mais surtout parce qu’elle ne veut léser personne : elle demande ce que Dieu donne et que personne ne veut ! Elle ne cherche pas à confisquer le don de Dieu, elle implore la surabondance et la générosité du Seigneur. Ça vaut la peine de vérifier que nous sommes attentifs à la justice dans nos prières, en se rappelant que l’attachement à la justice ne se mesure pas à ce que nous revendiquons pour nous mais à ce que nous acceptons pour les autres.
Alors, aujourd’hui, quelle sera notre prière ? Est-ce que nous serons comme des petits enfants gâtés qui jettent par terre le pain qu’on leur donne sous prétexte qu’ils demandaient une brioche, ou bien est-ce que nous aurons l’humilité de demander ce que Dieu donne et que le monde ne reçoit pas ? Est-ce que nous saurons entrer dans cette foi de la cananéenne, une foi persévérante, humble et juste ?
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Dans son apparition à Ste Catherine Labouré, rue du Bac, à Paris, elle parlait des grâces que Dieu voudrait donner mais que personne ne demande. Qu’elle nous apprenne à prier avec la persévérance, l’humilité et la justice de la cananéenne. Par son intercession, qu’elle nous soutienne pour que nous sachions accueillir le pain qui vient de Dieu, et apprendre à demeurer en sa présence maintenant et pour les siècles des siècles
Publié le 16 août 2026
Père Charles Mallard-L’exemple de la Cananéenne
L’exemple de la Cananéenne
20° Dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Is 56, 1.6-7 ; Ps 66(67) ; Rm 11,13-15.29-32 ; Mt 15,21-28
L’évangile que nous venons d’entendre est surprenant. On a beau le connaître, il est difficile de s’y habituer. C’est d’abord l’attitude de Jésus qui est étonnante ! On n’a pas vraiment l’habitude de le voir sourd aux appels de détresse, et encore moins méprisant pour les païens. Et puis il est dur avec cette femme. Il la traite de « petit chien », et même il lui reproche de s’adresser à lui ! Bien sûr on peut penser qu’il joue la comédie, qu’il pousse la femme dans ses derniers retranchements … mais si c’est un jeu, il est cruel et c’est vraiment surprenant de la part du Seigneur ! Et puis, il y a la réponse de cette femme … fulgurante ! Désarmante ! D’habitude c’est Jésus qui trouve la formule choc, qui désarçonne ses interlocuteurs. On a l’impression ici que dans cette histoire c’est la femme qui a été inspirée par l’Esprit Saint ! Certes l’histoire se termine bien et la morale est sauve, mais elle reste bien étrange. Et pourtant, puisqu’elle nous est rappelée aujourd’hui, c’est qu’il est important de s’en souvenir.
Il est important déjà de se souvenir de la persévérance de la cananéenne. Combien d’entre nous sont capables d’une telle persévérance ? Dans l’épreuve, en général on se décourage bien vite. Si Dieu n’exauce pas nos prières, on se résigne, ou bien on lui en veut ! Si l’on n’obtient pas ce que l’on demande, c’est que Dieu n’existe pas, ou qu’il n’est pas aussi bon qu’on le dit ! Cette histoire nous rappelle déjà que Dieu n’est pas un distributeur de guérison à nos ordres. La première raison de son silence c’est de mesurer la profondeur de notre demande. Mais même quand nous y tenons vraiment et sincèrement, ce n’est pas parce qu’on prie que l’on doit obtenir. Ce n’est pas Dieu qui doit nous obéir et sa bonté n’est pas mesurée par la satisfaction de nos désirs.
Si la persévérance est une qualité essentielle de la foi, la foi comporte aussi une dimension d’humilité, celle dont fait preuve la cananéenne. En acceptant le titre de « petit chien », cette femme reconnaît qu’elle n’a pas de droit sur Dieu et qu’elle ne mérite pas la grâce qu’elle demande. Mais son humilité n’est pas seulement une absence d’orgueil. En parlant des miettes qui tombent de la table des maîtres, elle reconnaît implicitement Jésus comme son maître. Son humilité n’est pas seulement modestie, mais aussi dépendance. Ce n’est pas toujours facile de reconnaître qu’on ne mérite pas ce qu’on demande, surtout quand on fait des efforts, et pourtant, même Jésus accepte : que ta volonté soit faite et non la mienne.
Enfin, après la fidélité et l’humilité, le troisième élément de sa prière, c’est l’attention à la justice. D’abord parce qu’elle demande quelque chose de juste : que sa fille soit libérée du démon qui la tourmente, mais surtout parce qu’elle ne veut léser personne : elle demande ce que Dieu donne et que personne ne veut ! Elle ne cherche pas à confisquer le don de Dieu, elle implore la surabondance et la générosité du Seigneur. Ça vaut la peine de vérifier que nous sommes attentifs à la justice dans nos prières, en se rappelant que l’attachement à la justice ne se mesure pas à ce que nous revendiquons pour nous mais à ce que nous acceptons pour les autres.
Alors, aujourd’hui, quelle sera notre prière ? Est-ce que nous serons comme des petits enfants gâtés qui jettent par terre le pain qu’on leur donne sous prétexte qu’ils demandaient une brioche, ou bien est-ce que nous aurons l’humilité de demander ce que Dieu donne et que le monde ne reçoit pas ? Est-ce que nous saurons entrer dans cette foi de la cananéenne, une foi persévérante, humble et juste ?
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Dans son apparition à Ste Catherine Labouré, rue du Bac, à Paris, elle parlait des grâces que Dieu voudrait donner mais que personne ne demande. Qu’elle nous apprenne à prier avec la persévérance, l’humilité et la justice de la cananéenne. Par son intercession, qu’elle nous soutienne pour que nous sachions accueillir le pain qui vient de Dieu, et apprendre à demeurer en sa présence maintenant et pour les siècles des siècles
Publié le 16 août 2026
Père Charles Mallard-L’exemple de la Cananéenne
L’exemple de la Cananéenne
20° Dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Is 56, 1.6-7 ; Ps 66(67) ; Rm 11,13-15.29-32 ; Mt 15,21-28
L’évangile que nous venons d’entendre est surprenant. On a beau le connaître, il est difficile de s’y habituer. C’est d’abord l’attitude de Jésus qui est étonnante ! On n’a pas vraiment l’habitude de le voir sourd aux appels de détresse, et encore moins méprisant pour les païens. Et puis il est dur avec cette femme. Il la traite de « petit chien », et même il lui reproche de s’adresser à lui ! Bien sûr on peut penser qu’il joue la comédie, qu’il pousse la femme dans ses derniers retranchements … mais si c’est un jeu, il est cruel et c’est vraiment surprenant de la part du Seigneur ! Et puis, il y a la réponse de cette femme … fulgurante ! Désarmante ! D’habitude c’est Jésus qui trouve la formule choc, qui désarçonne ses interlocuteurs. On a l’impression ici que dans cette histoire c’est la femme qui a été inspirée par l’Esprit Saint ! Certes l’histoire se termine bien et la morale est sauve, mais elle reste bien étrange. Et pourtant, puisqu’elle nous est rappelée aujourd’hui, c’est qu’il est important de s’en souvenir.
Il est important déjà de se souvenir de la persévérance de la cananéenne. Combien d’entre nous sont capables d’une telle persévérance ? Dans l’épreuve, en général on se décourage bien vite. Si Dieu n’exauce pas nos prières, on se résigne, ou bien on lui en veut ! Si l’on n’obtient pas ce que l’on demande, c’est que Dieu n’existe pas, ou qu’il n’est pas aussi bon qu’on le dit ! Cette histoire nous rappelle déjà que Dieu n’est pas un distributeur de guérison à nos ordres. La première raison de son silence c’est de mesurer la profondeur de notre demande. Mais même quand nous y tenons vraiment et sincèrement, ce n’est pas parce qu’on prie que l’on doit obtenir. Ce n’est pas Dieu qui doit nous obéir et sa bonté n’est pas mesurée par la satisfaction de nos désirs.
Si la persévérance est une qualité essentielle de la foi, la foi comporte aussi une dimension d’humilité, celle dont fait preuve la cananéenne. En acceptant le titre de « petit chien », cette femme reconnaît qu’elle n’a pas de droit sur Dieu et qu’elle ne mérite pas la grâce qu’elle demande. Mais son humilité n’est pas seulement une absence d’orgueil. En parlant des miettes qui tombent de la table des maîtres, elle reconnaît implicitement Jésus comme son maître. Son humilité n’est pas seulement modestie, mais aussi dépendance. Ce n’est pas toujours facile de reconnaître qu’on ne mérite pas ce qu’on demande, surtout quand on fait des efforts, et pourtant, même Jésus accepte : que ta volonté soit faite et non la mienne.
Enfin, après la fidélité et l’humilité, le troisième élément de sa prière, c’est l’attention à la justice. D’abord parce qu’elle demande quelque chose de juste : que sa fille soit libérée du démon qui la tourmente, mais surtout parce qu’elle ne veut léser personne : elle demande ce que Dieu donne et que personne ne veut ! Elle ne cherche pas à confisquer le don de Dieu, elle implore la surabondance et la générosité du Seigneur. Ça vaut la peine de vérifier que nous sommes attentifs à la justice dans nos prières, en se rappelant que l’attachement à la justice ne se mesure pas à ce que nous revendiquons pour nous mais à ce que nous acceptons pour les autres.
Alors, aujourd’hui, quelle sera notre prière ? Est-ce que nous serons comme des petits enfants gâtés qui jettent par terre le pain qu’on leur donne sous prétexte qu’ils demandaient une brioche, ou bien est-ce que nous aurons l’humilité de demander ce que Dieu donne et que le monde ne reçoit pas ? Est-ce que nous saurons entrer dans cette foi de la cananéenne, une foi persévérante, humble et juste ?
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Dans son apparition à Ste Catherine Labouré, rue du Bac, à Paris, elle parlait des grâces que Dieu voudrait donner mais que personne ne demande. Qu’elle nous apprenne à prier avec la persévérance, l’humilité et la justice de la cananéenne. Par son intercession, qu’elle nous soutienne pour que nous sachions accueillir le pain qui vient de Dieu, et apprendre à demeurer en sa présence maintenant et pour les siècles des siècles
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Publié le 16 août 2026