Père Charles Mallard-Chercher Dieu au bon endroit
Chercher Dieu au bon endroit
19° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
1 R 19, 9a.11-13a ; Ps 84 (85) ; Rm 9,1-5 ; Mt 14,22-33
Au milieu de l’été, la liturgie de la Parole ménage nos méninges et nous propose des textes qui sont faciles à comprendre et à retenir : l’histoire d’Elie à l’Horeb, celle de Pierre qui essaie de marcher sur l’eau. Chaque fois la conclusion est assez simple : Dieu n’est pas dans l’ouragan mais dans le murmure de la brise légère et il faut faire confiance à Jésus qui apaise les tempêtes. La morale est simple, l’histoire est facile à retenir, et pourtant nous l’oublions souvent et nous nous obstinons à chercher Dieu là où il n’est pas ! Et ce n’est pas parce qu’Elie et Pierre nous ont précédés dans cette erreur que nous avons des excuses.
Avant la rencontre sur l’Horeb, Elie accumulait les miracles et manifestait la puissance de Dieu. Sur le mont Carmel, après avoir ridiculisé les prophètes de Baal que soutenait la reine Jézabel, il les avait même égorgés. Mais la fureur de la reine s’était déchainée et, paniqué, Elie fuyait dans le désert pour se réfugier. De la même manière, comme on l’a entendu, Pierre teste la puissance divine lorsque Jésus leur apparait marchant sur la mer : « si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux » … et le plus beau dans l’histoire, « c’est que descendant de la barque Pierre marcha sur les eaux pour aller vers Jésus » … mais il prend peur en voyant la force du vent, alors il commence à s’enfoncer. Ainsi l’un comme l’autre cherche Dieu dans le spectaculaire et le trouvent dans la douceur. Douceur d’une brise légère au lieu du spectaculaire des éléments déchaînés pour Élie, douceur d’une main qui sauve au lieu du spectaculaire d’une marche sur les eaux pour Pierre. Souvent, nous sommes nous aussi, comme Elie et Pierre, recherchant Dieu dans les grandes choses mais le trouvant dans les petites.
Nous voudrions que la prière nous transporte au septième ciel. Sans doute n’osons nous pas rêver à de grandes extases accompagnées de lévitation ou de vision, mais on considère que la prière a été bonne si nous avons bien ressenti la présence divine, pourtant Dieu se présente plus souvent dans le murmure d’une fidélité presque mécanique au rendez-vous qui rythme notre agenda. Nous voudrions tout comprendre de la Parole de Dieu, y voir clairement le secret de la vie et être capable de trouver des arguments percutants pour convaincre ceux qui ne croient pas ou ceux qui doutent. Pourtant Dieu se présente plus souvent dans le silence d’un détail ou d’un mot que nous n’avions pas remarqué et qui nous étonnera toujours. Nous voudrions être capables de soulager la misère du monde ou au moins de ceux que nous rencontrons et qui souffrent, nous voudrions témoigner d’un dévouement qui force l’admiration mais le Seigneur nous attend dans la discrétion d’un geste ou d’une parole ordinaire, comme une bouffée d’amour qui perce la surface du moment.
Nous croyons que Dieu se manifeste mieux dans ce qui nous dépasse, comme si le divin commençait là où l’humain doit s’arrêter. Mais l’évangile et toute la tradition biblique nous dit le contraire. Dès le jardin des origines, Dieu vient rejoindre l’homme et la femme dans la douceur de la brise du soir. Dieu ne cherche pas à nous impressionner mais à nous rejoindre ; il ne veut pas forcer l’admiration mais susciter l’émerveillement. Il faut du silence pour entendre le murmure de la brise légère ; alors parfois, quand c’est la seule solution, le tonnerre se déchaine pour nous impressionner et nous faire taire, mais si l’on n’y prend garde, ça ne dure jamais très longtemps et la peur prend le dessus, or la peur fait douter et le doute s’éloigner. Ce n’est pas au milieu de la tempête que les disciples reconnaissent Jésus, c’est quand le vent est tombé et qu’il est avec eux dans la barque.
Elie à l’Horeb comme Pierre sur le lac nous avertissent de chercher le Seigneur plutôt dans la douceur que dans la violence, plutôt dans l’ordinaire que dans le stupéfiant, plutôt à nos côtés que dans le lointain. La porte de la gloire de Dieu au plus haut des cieux c’est la paix sur terre aux hommes qu’il aime.
Que la Vierge Marie nous aide à reconnaître la présence de Dieu et à l’accueillir. Porte du Ciel, qu’elle nous apprenne à entendre le murmure de la brise légère. Refuge des pécheurs, qu’elle guide vers nous la main qui nous saisit quand nous nous enfonçons. Etoile du matin qu’elle nous garde dans la présence de Celui qui demeure en nous et nous appelle à demeurer en lui, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 03 mai 2026
Père Charles Mallard-Chercher Dieu au bon endroit
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19° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
1 R 19, 9a.11-13a ; Ps 84 (85) ; Rm 9,1-5 ; Mt 14,22-33
Au milieu de l’été, la liturgie de la Parole ménage nos méninges et nous propose des textes qui sont faciles à comprendre et à retenir : l’histoire d’Elie à l’Horeb, celle de Pierre qui essaie de marcher sur l’eau. Chaque fois la conclusion est assez simple : Dieu n’est pas dans l’ouragan mais dans le murmure de la brise légère et il faut faire confiance à Jésus qui apaise les tempêtes. La morale est simple, l’histoire est facile à retenir, et pourtant nous l’oublions souvent et nous nous obstinons à chercher Dieu là où il n’est pas ! Et ce n’est pas parce qu’Elie et Pierre nous ont précédés dans cette erreur que nous avons des excuses.
Avant la rencontre sur l’Horeb, Elie accumulait les miracles et manifestait la puissance de Dieu. Sur le mont Carmel, après avoir ridiculisé les prophètes de Baal que soutenait la reine Jézabel, il les avait même égorgés. Mais la fureur de la reine s’était déchainée et, paniqué, Elie fuyait dans le désert pour se réfugier. De la même manière, comme on l’a entendu, Pierre teste la puissance divine lorsque Jésus leur apparait marchant sur la mer : « si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux » … et le plus beau dans l’histoire, « c’est que descendant de la barque Pierre marcha sur les eaux pour aller vers Jésus » … mais il prend peur en voyant la force du vent, alors il commence à s’enfoncer. Ainsi l’un comme l’autre cherche Dieu dans le spectaculaire et le trouvent dans la douceur. Douceur d’une brise légère au lieu du spectaculaire des éléments déchaînés pour Élie, douceur d’une main qui sauve au lieu du spectaculaire d’une marche sur les eaux pour Pierre. Souvent, nous sommes nous aussi, comme Elie et Pierre, recherchant Dieu dans les grandes choses mais le trouvant dans les petites.
Nous voudrions que la prière nous transporte au septième ciel. Sans doute n’osons nous pas rêver à de grandes extases accompagnées de lévitation ou de vision, mais on considère que la prière a été bonne si nous avons bien ressenti la présence divine, pourtant Dieu se présente plus souvent dans le murmure d’une fidélité presque mécanique au rendez-vous qui rythme notre agenda. Nous voudrions tout comprendre de la Parole de Dieu, y voir clairement le secret de la vie et être capable de trouver des arguments percutants pour convaincre ceux qui ne croient pas ou ceux qui doutent. Pourtant Dieu se présente plus souvent dans le silence d’un détail ou d’un mot que nous n’avions pas remarqué et qui nous étonnera toujours. Nous voudrions être capables de soulager la misère du monde ou au moins de ceux que nous rencontrons et qui souffrent, nous voudrions témoigner d’un dévouement qui force l’admiration mais le Seigneur nous attend dans la discrétion d’un geste ou d’une parole ordinaire, comme une bouffée d’amour qui perce la surface du moment.
Nous croyons que Dieu se manifeste mieux dans ce qui nous dépasse, comme si le divin commençait là où l’humain doit s’arrêter. Mais l’évangile et toute la tradition biblique nous dit le contraire. Dès le jardin des origines, Dieu vient rejoindre l’homme et la femme dans la douceur de la brise du soir. Dieu ne cherche pas à nous impressionner mais à nous rejoindre ; il ne veut pas forcer l’admiration mais susciter l’émerveillement. Il faut du silence pour entendre le murmure de la brise légère ; alors parfois, quand c’est la seule solution, le tonnerre se déchaine pour nous impressionner et nous faire taire, mais si l’on n’y prend garde, ça ne dure jamais très longtemps et la peur prend le dessus, or la peur fait douter et le doute s’éloigner. Ce n’est pas au milieu de la tempête que les disciples reconnaissent Jésus, c’est quand le vent est tombé et qu’il est avec eux dans la barque.
Elie à l’Horeb comme Pierre sur le lac nous avertissent de chercher le Seigneur plutôt dans la douceur que dans la violence, plutôt dans l’ordinaire que dans le stupéfiant, plutôt à nos côtés que dans le lointain. La porte de la gloire de Dieu au plus haut des cieux c’est la paix sur terre aux hommes qu’il aime.
Que la Vierge Marie nous aide à reconnaître la présence de Dieu et à l’accueillir. Porte du Ciel, qu’elle nous apprenne à entendre le murmure de la brise légère. Refuge des pécheurs, qu’elle guide vers nous la main qui nous saisit quand nous nous enfonçons. Etoile du matin qu’elle nous garde dans la présence de Celui qui demeure en nous et nous appelle à demeurer en lui, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 03 mai 2026
Père Charles Mallard-Chercher Dieu au bon endroit
Chercher Dieu au bon endroit
19° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
1 R 19, 9a.11-13a ; Ps 84 (85) ; Rm 9,1-5 ; Mt 14,22-33
Au milieu de l’été, la liturgie de la Parole ménage nos méninges et nous propose des textes qui sont faciles à comprendre et à retenir : l’histoire d’Elie à l’Horeb, celle de Pierre qui essaie de marcher sur l’eau. Chaque fois la conclusion est assez simple : Dieu n’est pas dans l’ouragan mais dans le murmure de la brise légère et il faut faire confiance à Jésus qui apaise les tempêtes. La morale est simple, l’histoire est facile à retenir, et pourtant nous l’oublions souvent et nous nous obstinons à chercher Dieu là où il n’est pas ! Et ce n’est pas parce qu’Elie et Pierre nous ont précédés dans cette erreur que nous avons des excuses.
Avant la rencontre sur l’Horeb, Elie accumulait les miracles et manifestait la puissance de Dieu. Sur le mont Carmel, après avoir ridiculisé les prophètes de Baal que soutenait la reine Jézabel, il les avait même égorgés. Mais la fureur de la reine s’était déchainée et, paniqué, Elie fuyait dans le désert pour se réfugier. De la même manière, comme on l’a entendu, Pierre teste la puissance divine lorsque Jésus leur apparait marchant sur la mer : « si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux » … et le plus beau dans l’histoire, « c’est que descendant de la barque Pierre marcha sur les eaux pour aller vers Jésus » … mais il prend peur en voyant la force du vent, alors il commence à s’enfoncer. Ainsi l’un comme l’autre cherche Dieu dans le spectaculaire et le trouvent dans la douceur. Douceur d’une brise légère au lieu du spectaculaire des éléments déchaînés pour Élie, douceur d’une main qui sauve au lieu du spectaculaire d’une marche sur les eaux pour Pierre. Souvent, nous sommes nous aussi, comme Elie et Pierre, recherchant Dieu dans les grandes choses mais le trouvant dans les petites.
Nous voudrions que la prière nous transporte au septième ciel. Sans doute n’osons nous pas rêver à de grandes extases accompagnées de lévitation ou de vision, mais on considère que la prière a été bonne si nous avons bien ressenti la présence divine, pourtant Dieu se présente plus souvent dans le murmure d’une fidélité presque mécanique au rendez-vous qui rythme notre agenda. Nous voudrions tout comprendre de la Parole de Dieu, y voir clairement le secret de la vie et être capable de trouver des arguments percutants pour convaincre ceux qui ne croient pas ou ceux qui doutent. Pourtant Dieu se présente plus souvent dans le silence d’un détail ou d’un mot que nous n’avions pas remarqué et qui nous étonnera toujours. Nous voudrions être capables de soulager la misère du monde ou au moins de ceux que nous rencontrons et qui souffrent, nous voudrions témoigner d’un dévouement qui force l’admiration mais le Seigneur nous attend dans la discrétion d’un geste ou d’une parole ordinaire, comme une bouffée d’amour qui perce la surface du moment.
Nous croyons que Dieu se manifeste mieux dans ce qui nous dépasse, comme si le divin commençait là où l’humain doit s’arrêter. Mais l’évangile et toute la tradition biblique nous dit le contraire. Dès le jardin des origines, Dieu vient rejoindre l’homme et la femme dans la douceur de la brise du soir. Dieu ne cherche pas à nous impressionner mais à nous rejoindre ; il ne veut pas forcer l’admiration mais susciter l’émerveillement. Il faut du silence pour entendre le murmure de la brise légère ; alors parfois, quand c’est la seule solution, le tonnerre se déchaine pour nous impressionner et nous faire taire, mais si l’on n’y prend garde, ça ne dure jamais très longtemps et la peur prend le dessus, or la peur fait douter et le doute s’éloigner. Ce n’est pas au milieu de la tempête que les disciples reconnaissent Jésus, c’est quand le vent est tombé et qu’il est avec eux dans la barque.
Elie à l’Horeb comme Pierre sur le lac nous avertissent de chercher le Seigneur plutôt dans la douceur que dans la violence, plutôt dans l’ordinaire que dans le stupéfiant, plutôt à nos côtés que dans le lointain. La porte de la gloire de Dieu au plus haut des cieux c’est la paix sur terre aux hommes qu’il aime.
Que la Vierge Marie nous aide à reconnaître la présence de Dieu et à l’accueillir. Porte du Ciel, qu’elle nous apprenne à entendre le murmure de la brise légère. Refuge des pécheurs, qu’elle guide vers nous la main qui nous saisit quand nous nous enfonçons. Etoile du matin qu’elle nous garde dans la présence de Celui qui demeure en nous et nous appelle à demeurer en lui, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
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Publié le 03 mai 2026