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PĂšre Charles Mallard-La dimension missionnaire de la foi

homélie 2

La dimension missionnaire de la foi

8 Février 2026

5* Dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A

Is 58,7-10 ; Ps 111 (112) ; 1 Co 2,1-5 ; Mt 5,13-16

L’évangile que nous venons d’entendre vient juste aprĂšs les BĂ©atitudes dans le discours sur la montagne. AprĂšs avoir indiquĂ© aux disciples ce qui conduit au bonheur et Ă  la vie divine, JĂ©sus montre une autre dimension de la foi, qu’on pourrait appeler missionnaire.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». Ce qui est frappant dans ces expressions c’est qu’il y a un but, une utilitĂ©, et que ce but, cette utilitĂ©, ce n’est pas nous ! JĂ©sus ne dit pas que la foi est le sel de notre vie ou que l’évangile sera la lumiĂšre de notre cƓur, mais que nous sommes le sel de la terre, la lumiĂšre du monde. En disant cela, il nous fait comprendre qu’il y a quelque chose pour les autres dans la vie spirituelle, qu’elle ne concerne pas seulement ceux qui la choisissent mais qu’elle est destinĂ©e Ă  rayonner, Ă  agir.

C’est que nous pourrions ĂȘtre tentĂ© de croire qu’il s’agit d’abord de sauver notre Ăąme, de nous sanctifier, de nous prĂ©parer Ă  la vie Ă©ternelle 
 tout cela est bien et vrai ; Ă  condition qu’on ne le vive pas en pensant que c’est chacun pour soi, mĂȘme si bien sĂ»r on peut s’entraider. On pourrait penser que la relation Ă  Dieu fait partie d’un des domaines de notre vie, et que ça ne doit pas trop interfĂ©rer avec d’autres domaines. Un peu comme un loisir ou un divertissement : il y a des temps et des lieux pour ça, mais on ne va pas mĂ©langer avec d’autres temps ou d’autres lieux. Ce que disent les images du sel de la terre et de la lumiĂšre du monde, c’est que notre foi et notre vie spirituelle ont une fonction dans l’histoire du monde et du salut. Nous sommes comme une lumiĂšre qui n’est pas faite pour ĂȘtre cachĂ©e, mais pour rayonner et Ă©clairer. Et Ă  vrai dire, nous n’avons pas le choix. Quoique nous voulions ou quoique nous fassions, nous portons un tĂ©moignage. Notre vie et nos actions disent quelque chose de notre foi et de l’évangile. D’ailleurs, il suffit d’avoir une tension ou un conflit avec quelqu’un, pour qu’apparaisse une rĂ©flexion du genre « ce n’est pas trĂšs chrĂ©tien ce que tu fais » !

D’oĂč l’importance de la cohĂ©rence. On n’évitera pas les reproches injustifiĂ©s, mais si on pouvait Ă©viter les reproches justifiĂ©s, ce serait bien ! C’est le sens de l’enseignement sur le sel : « si le sel devient fade », c’est-Ă -dire s’il n’est plus fidĂšle Ă  sa nature de sel, il ne vaut plus rien ! Notre premier souci doit ĂȘtre non pas de montrer un bon exemple, mais d’ĂȘtre une bonne personne. D’ĂȘtre ce que le Seigneur attend de nous. On trouve un tĂ©moignage de cette question dans la deuxiĂšme lecture : saint Paul rappelle aux Corinthiens qu’il n’a pas cherchĂ© Ă  ĂȘtre admirĂ© mais Ă  ĂȘtre fidĂšle au Christ et Ă  l’Évangile. L’image du sel nous fait comprendre que la dimension missionnaire de la foi n’est pas une question d’apparence mais de fidĂ©litĂ©.

Et cette fidĂ©litĂ© se mesure Ă  son rayonnement. Comment, en effet, savoir si nous faisons ce que le Seigneur attend de nous ? La Parole nous donne des repĂšres et des critĂšres : « ce que vous faites de bien ». Cela rejoint d’ailleurs le texte d’IsaĂŻe en premiĂšre lecture : lorsqu’il dĂ©crit un certain nombre d’attitudes et de gestes qui aident et soulagent les autres et qu’il conclut : « alors, ta lumiĂšre jaillira comme l’aurore [
] ton obscuritĂ© sera lumiĂšre de midi ». Ce qui est frappant c’est que les exemples qu’il donne ne sont pas spĂ©cifiquement religieux : la trace de l’évangile dans nos relations ce ne sont ni des grands discours, ni des pieuses dĂ©votions, c’est le bien que nous pouvons faire aux autres ! Dieu ne nous envoie pas dans le monde pour faire sa publicitĂ©, mais pour y faire ce qu’il veut ; et ce qu’il veut c’est la misĂ©ricorde et la bontĂ© entre tous les hommes.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». L’évangile que nous avons entendu nous rappelle que le Seigneur compte sur nous pour conduire le monde selon son cƓur. Pour cela nous devons rester fidĂšle Ă  sa prĂ©sence et Ă  sa parole, nous devons aussi ĂȘtre attentifs Ă  faire ce que nous aurons entendu, Ă  partager ce que nous aurons reçu, non seulement entre nous, mais avec tous.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous garde fidĂšles Ă  la prĂ©sence du Seigneur. Consolatrice des affligĂ©s qu’elle nous apprenne Ă  aimer au rythme du cƓur de Dieu. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu qu’elle nous encourage Ă  rayonner de la gloire du PĂšre lĂ  oĂč nous sommes pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

Publié le 21 décembre 2025

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PĂšre Charles Mallard-La dimension missionnaire de la foi

La dimension missionnaire de la foi

8 Février 2026

5* Dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A

Is 58,7-10 ; Ps 111 (112) ; 1 Co 2,1-5 ; Mt 5,13-16

L’évangile que nous venons d’entendre vient juste aprĂšs les BĂ©atitudes dans le discours sur la montagne. AprĂšs avoir indiquĂ© aux disciples ce qui conduit au bonheur et Ă  la vie divine, JĂ©sus montre une autre dimension de la foi, qu’on pourrait appeler missionnaire.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». Ce qui est frappant dans ces expressions c’est qu’il y a un but, une utilitĂ©, et que ce but, cette utilitĂ©, ce n’est pas nous ! JĂ©sus ne dit pas que la foi est le sel de notre vie ou que l’évangile sera la lumiĂšre de notre cƓur, mais que nous sommes le sel de la terre, la lumiĂšre du monde. En disant cela, il nous fait comprendre qu’il y a quelque chose pour les autres dans la vie spirituelle, qu’elle ne concerne pas seulement ceux qui la choisissent mais qu’elle est destinĂ©e Ă  rayonner, Ă  agir.

C’est que nous pourrions ĂȘtre tentĂ© de croire qu’il s’agit d’abord de sauver notre Ăąme, de nous sanctifier, de nous prĂ©parer Ă  la vie Ă©ternelle 
 tout cela est bien et vrai ; Ă  condition qu’on ne le vive pas en pensant que c’est chacun pour soi, mĂȘme si bien sĂ»r on peut s’entraider. On pourrait penser que la relation Ă  Dieu fait partie d’un des domaines de notre vie, et que ça ne doit pas trop interfĂ©rer avec d’autres domaines. Un peu comme un loisir ou un divertissement : il y a des temps et des lieux pour ça, mais on ne va pas mĂ©langer avec d’autres temps ou d’autres lieux. Ce que disent les images du sel de la terre et de la lumiĂšre du monde, c’est que notre foi et notre vie spirituelle ont une fonction dans l’histoire du monde et du salut. Nous sommes comme une lumiĂšre qui n’est pas faite pour ĂȘtre cachĂ©e, mais pour rayonner et Ă©clairer. Et Ă  vrai dire, nous n’avons pas le choix. Quoique nous voulions ou quoique nous fassions, nous portons un tĂ©moignage. Notre vie et nos actions disent quelque chose de notre foi et de l’évangile. D’ailleurs, il suffit d’avoir une tension ou un conflit avec quelqu’un, pour qu’apparaisse une rĂ©flexion du genre « ce n’est pas trĂšs chrĂ©tien ce que tu fais » !

D’oĂč l’importance de la cohĂ©rence. On n’évitera pas les reproches injustifiĂ©s, mais si on pouvait Ă©viter les reproches justifiĂ©s, ce serait bien ! C’est le sens de l’enseignement sur le sel : « si le sel devient fade », c’est-Ă -dire s’il n’est plus fidĂšle Ă  sa nature de sel, il ne vaut plus rien ! Notre premier souci doit ĂȘtre non pas de montrer un bon exemple, mais d’ĂȘtre une bonne personne. D’ĂȘtre ce que le Seigneur attend de nous. On trouve un tĂ©moignage de cette question dans la deuxiĂšme lecture : saint Paul rappelle aux Corinthiens qu’il n’a pas cherchĂ© Ă  ĂȘtre admirĂ© mais Ă  ĂȘtre fidĂšle au Christ et Ă  l’Évangile. L’image du sel nous fait comprendre que la dimension missionnaire de la foi n’est pas une question d’apparence mais de fidĂ©litĂ©.

Et cette fidĂ©litĂ© se mesure Ă  son rayonnement. Comment, en effet, savoir si nous faisons ce que le Seigneur attend de nous ? La Parole nous donne des repĂšres et des critĂšres : « ce que vous faites de bien ». Cela rejoint d’ailleurs le texte d’IsaĂŻe en premiĂšre lecture : lorsqu’il dĂ©crit un certain nombre d’attitudes et de gestes qui aident et soulagent les autres et qu’il conclut : « alors, ta lumiĂšre jaillira comme l’aurore [
] ton obscuritĂ© sera lumiĂšre de midi ». Ce qui est frappant c’est que les exemples qu’il donne ne sont pas spĂ©cifiquement religieux : la trace de l’évangile dans nos relations ce ne sont ni des grands discours, ni des pieuses dĂ©votions, c’est le bien que nous pouvons faire aux autres ! Dieu ne nous envoie pas dans le monde pour faire sa publicitĂ©, mais pour y faire ce qu’il veut ; et ce qu’il veut c’est la misĂ©ricorde et la bontĂ© entre tous les hommes.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». L’évangile que nous avons entendu nous rappelle que le Seigneur compte sur nous pour conduire le monde selon son cƓur. Pour cela nous devons rester fidĂšle Ă  sa prĂ©sence et Ă  sa parole, nous devons aussi ĂȘtre attentifs Ă  faire ce que nous aurons entendu, Ă  partager ce que nous aurons reçu, non seulement entre nous, mais avec tous.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous garde fidĂšles Ă  la prĂ©sence du Seigneur. Consolatrice des affligĂ©s qu’elle nous apprenne Ă  aimer au rythme du cƓur de Dieu. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu qu’elle nous encourage Ă  rayonner de la gloire du PĂšre lĂ  oĂč nous sommes pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

Publié le 21 décembre 2025

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PĂšre Charles Mallard-La dimension missionnaire de la foi

homélie 2

La dimension missionnaire de la foi

8 Février 2026

5* Dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A

Is 58,7-10 ; Ps 111 (112) ; 1 Co 2,1-5 ; Mt 5,13-16

L’évangile que nous venons d’entendre vient juste aprĂšs les BĂ©atitudes dans le discours sur la montagne. AprĂšs avoir indiquĂ© aux disciples ce qui conduit au bonheur et Ă  la vie divine, JĂ©sus montre une autre dimension de la foi, qu’on pourrait appeler missionnaire.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». Ce qui est frappant dans ces expressions c’est qu’il y a un but, une utilitĂ©, et que ce but, cette utilitĂ©, ce n’est pas nous ! JĂ©sus ne dit pas que la foi est le sel de notre vie ou que l’évangile sera la lumiĂšre de notre cƓur, mais que nous sommes le sel de la terre, la lumiĂšre du monde. En disant cela, il nous fait comprendre qu’il y a quelque chose pour les autres dans la vie spirituelle, qu’elle ne concerne pas seulement ceux qui la choisissent mais qu’elle est destinĂ©e Ă  rayonner, Ă  agir.

C’est que nous pourrions ĂȘtre tentĂ© de croire qu’il s’agit d’abord de sauver notre Ăąme, de nous sanctifier, de nous prĂ©parer Ă  la vie Ă©ternelle 
 tout cela est bien et vrai ; Ă  condition qu’on ne le vive pas en pensant que c’est chacun pour soi, mĂȘme si bien sĂ»r on peut s’entraider. On pourrait penser que la relation Ă  Dieu fait partie d’un des domaines de notre vie, et que ça ne doit pas trop interfĂ©rer avec d’autres domaines. Un peu comme un loisir ou un divertissement : il y a des temps et des lieux pour ça, mais on ne va pas mĂ©langer avec d’autres temps ou d’autres lieux. Ce que disent les images du sel de la terre et de la lumiĂšre du monde, c’est que notre foi et notre vie spirituelle ont une fonction dans l’histoire du monde et du salut. Nous sommes comme une lumiĂšre qui n’est pas faite pour ĂȘtre cachĂ©e, mais pour rayonner et Ă©clairer. Et Ă  vrai dire, nous n’avons pas le choix. Quoique nous voulions ou quoique nous fassions, nous portons un tĂ©moignage. Notre vie et nos actions disent quelque chose de notre foi et de l’évangile. D’ailleurs, il suffit d’avoir une tension ou un conflit avec quelqu’un, pour qu’apparaisse une rĂ©flexion du genre « ce n’est pas trĂšs chrĂ©tien ce que tu fais » !

D’oĂč l’importance de la cohĂ©rence. On n’évitera pas les reproches injustifiĂ©s, mais si on pouvait Ă©viter les reproches justifiĂ©s, ce serait bien ! C’est le sens de l’enseignement sur le sel : « si le sel devient fade », c’est-Ă -dire s’il n’est plus fidĂšle Ă  sa nature de sel, il ne vaut plus rien ! Notre premier souci doit ĂȘtre non pas de montrer un bon exemple, mais d’ĂȘtre une bonne personne. D’ĂȘtre ce que le Seigneur attend de nous. On trouve un tĂ©moignage de cette question dans la deuxiĂšme lecture : saint Paul rappelle aux Corinthiens qu’il n’a pas cherchĂ© Ă  ĂȘtre admirĂ© mais Ă  ĂȘtre fidĂšle au Christ et Ă  l’Évangile. L’image du sel nous fait comprendre que la dimension missionnaire de la foi n’est pas une question d’apparence mais de fidĂ©litĂ©.

Et cette fidĂ©litĂ© se mesure Ă  son rayonnement. Comment, en effet, savoir si nous faisons ce que le Seigneur attend de nous ? La Parole nous donne des repĂšres et des critĂšres : « ce que vous faites de bien ». Cela rejoint d’ailleurs le texte d’IsaĂŻe en premiĂšre lecture : lorsqu’il dĂ©crit un certain nombre d’attitudes et de gestes qui aident et soulagent les autres et qu’il conclut : « alors, ta lumiĂšre jaillira comme l’aurore [
] ton obscuritĂ© sera lumiĂšre de midi ». Ce qui est frappant c’est que les exemples qu’il donne ne sont pas spĂ©cifiquement religieux : la trace de l’évangile dans nos relations ce ne sont ni des grands discours, ni des pieuses dĂ©votions, c’est le bien que nous pouvons faire aux autres ! Dieu ne nous envoie pas dans le monde pour faire sa publicitĂ©, mais pour y faire ce qu’il veut ; et ce qu’il veut c’est la misĂ©ricorde et la bontĂ© entre tous les hommes.

« Vous ĂȘtes le sel de la terre » « vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde ». L’évangile que nous avons entendu nous rappelle que le Seigneur compte sur nous pour conduire le monde selon son cƓur. Pour cela nous devons rester fidĂšle Ă  sa prĂ©sence et Ă  sa parole, nous devons aussi ĂȘtre attentifs Ă  faire ce que nous aurons entendu, Ă  partager ce que nous aurons reçu, non seulement entre nous, mais avec tous.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous garde fidĂšles Ă  la prĂ©sence du Seigneur. Consolatrice des affligĂ©s qu’elle nous apprenne Ă  aimer au rythme du cƓur de Dieu. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu qu’elle nous encourage Ă  rayonner de la gloire du PĂšre lĂ  oĂč nous sommes pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

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Publié le 21 décembre 2025