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Père Charles Mallard-La première mission

homélie 2

La première mission

14 Juin 2026

11° dimanche du temps ordinaire – Année A

Ex 19,2-6a ; Ps 99 ; Rm 5,6-11 ; Mt 9,36-10,8

On peut être surpris par les consignes que Jésus donne à ses disciples : « n’allez pas vers les païens ou les samaritains, allez d’abord vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». En matière de mission, on est habitué à un envoi plus général, comme celui d’après la Résurrection : « allez dans toutes les nations et jusqu’aux extrémités de la terre ». Pourquoi limiter l’annonce de l’évangile et la proclamation du royaume de Dieu ?

Bien sûr, on peut comprendre que le texte que nous avons entendu se situe plutôt au début de l’évangile, et qu’il y a une progression. Faut-il alors écouter ce passage d’une oreille distraite, en se disant que c’est dépassé, qu’on a désormais une mission beaucoup plus large, et que finalement ça ne nous concerne pas vraiment ? Comme vous le savez, c’est souvent injuste et généralement périlleux de penser qu’un passage de l’évangile ne nous concerne pas ! Au contraire, il me semble que ce texte nous rappelle quelque chose de très précieux et de facilement oublié : la mission commence autour de nous. On peut dire qu’il y a deux missions : la première vers les brebis perdues du peuple de Dieu, la deuxième vers les nations qui ne le connaissent pas. Et il serait imprudent de croire que la deuxième nous dispense de la première : on connait parfois des gens dévoués à ceux qu’ils ne connaissent pas, mais pénibles à ceux qui les entourent … et à juste titre cela nous semble incohérent. Alors, évitons ce piège et méditons sur la première mission, celle dont parle l’évangile de ce jour.

La première lecture rappelait l’alliance du temps de Moïse, avec cette promesse : « si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte ». La première étape de la mission, c’est donc précisément de réveiller la fidélité de ceux que Dieu a choisis. Et si l’on veut être honnête, la première brebis à qui nous pouvons éviter d’être perdue, c’est nous ! « L’Église commence par s’évangéliser elle-même » disait saint Paul VI. Ainsi la mission commence par la conversion du cœur. La première étape de la mission est une étape d’humilité : reconnaître ce que nous devons au Seigneur, « vous avez reçu gratuitement » disait Jésus à ses disciples. Nous n’avons pas à nous enorgueillir de ce que nous sommes, de ce que nous avons ou de ce que nous faisons. « Mettons notre fierté en Dieu » rappelait saint Paul aux Romains.

Ensuite la mission continue par la proclamation de la proximité du Royaume. Dans le Sinaï la promesse demandait que le peuple écoute la voix du Seigneur. Il y a donc une dimension de parole, qui doit faire retentir la Parole de Dieu. Comment parlons-nous à nos proches du Seigneur ? de la foi ? Est-ce que nous osons rappeler l’évangile à ceux qui l’oublient ? Est-ce que nous savons expliquer ce que nous avons compris du mystère de Dieu à ceux qui nous entourent ? La mission vers nos proches, notre famille ou nos amis, passe souvent par des discussions, au détour d’une conversation nous pouvons redire un certain nombre de choses. Même si cela ne plaît pas, même si ça dérange un peu. Non pas pour se brouiller, mais pour témoigner. A la manière de sainte Bernadette disant à son curé : « je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Évidemment, la mission et le témoignage ne peuvent pas se contenter de paroles. Ce que Jésus demande aux disciples, ce sont aussi des actions qui témoignent et rendent crédible la miséricorde de Dieu. « Donnez gratuitement ». On ne rassemble pas en hurlant, mais en prenant soin. Comment nos actions, notre manière d’être et de réagir auprès de nos proches manifestent aussi qu’ils sont importants, pour Dieu comme pour nous ? Avons-nous le souci d’être délicats et attentifs, d’aider et de secourir ? Quelle place a le pardon dans nos relations ? Est-ce que nous pensons à bénir ceux qui nous entourent ? A prier pour eux, et peut-être aussi avec eux ?

La parole de Dieu nous rappelle que nous sommes envoyés pour participer à la miséricorde de Dieu. C’est d’abord notre cœur qui doit être accueillant à cette miséricorde en mettant notre fierté en Dieu, en reconnaissant que nous avons reçu gratuitement. C’est aussi dans nos conversations ordinaires que nous pouvons faire retentir la voix du Seigneur en témoignant que le royaume des Cieux est tout proche. C’est encore dans notre comportement et nos actions quotidiennes que nous pouvons donner gratuitement à ceux qui autour de nous sont désemparés et abattus.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin, qu’elle tourne nos cœurs vers le cœur de Dieu. Arche de la Nouvelle Alliance qu’elle ouvre nos oreilles à la Parole pour que nous puissions la faire retentir là où nous sommes. Mère du Bel amour qu’elle ouvre nos mains à la générosité de Dieu pour que nous puissions rejoindre ceux que le Seigneur nous a confiés et demeurer en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

Publié le 03 mai 2026

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Père Charles Mallard-La première mission

La première mission

14 Juin 2026

11° dimanche du temps ordinaire – Année A

Ex 19,2-6a ; Ps 99 ; Rm 5,6-11 ; Mt 9,36-10,8

On peut être surpris par les consignes que Jésus donne à ses disciples : « n’allez pas vers les païens ou les samaritains, allez d’abord vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». En matière de mission, on est habitué à un envoi plus général, comme celui d’après la Résurrection : « allez dans toutes les nations et jusqu’aux extrémités de la terre ». Pourquoi limiter l’annonce de l’évangile et la proclamation du royaume de Dieu ?

Bien sûr, on peut comprendre que le texte que nous avons entendu se situe plutôt au début de l’évangile, et qu’il y a une progression. Faut-il alors écouter ce passage d’une oreille distraite, en se disant que c’est dépassé, qu’on a désormais une mission beaucoup plus large, et que finalement ça ne nous concerne pas vraiment ? Comme vous le savez, c’est souvent injuste et généralement périlleux de penser qu’un passage de l’évangile ne nous concerne pas ! Au contraire, il me semble que ce texte nous rappelle quelque chose de très précieux et de facilement oublié : la mission commence autour de nous. On peut dire qu’il y a deux missions : la première vers les brebis perdues du peuple de Dieu, la deuxième vers les nations qui ne le connaissent pas. Et il serait imprudent de croire que la deuxième nous dispense de la première : on connait parfois des gens dévoués à ceux qu’ils ne connaissent pas, mais pénibles à ceux qui les entourent … et à juste titre cela nous semble incohérent. Alors, évitons ce piège et méditons sur la première mission, celle dont parle l’évangile de ce jour.

La première lecture rappelait l’alliance du temps de Moïse, avec cette promesse : « si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte ». La première étape de la mission, c’est donc précisément de réveiller la fidélité de ceux que Dieu a choisis. Et si l’on veut être honnête, la première brebis à qui nous pouvons éviter d’être perdue, c’est nous ! « L’Église commence par s’évangéliser elle-même » disait saint Paul VI. Ainsi la mission commence par la conversion du cœur. La première étape de la mission est une étape d’humilité : reconnaître ce que nous devons au Seigneur, « vous avez reçu gratuitement » disait Jésus à ses disciples. Nous n’avons pas à nous enorgueillir de ce que nous sommes, de ce que nous avons ou de ce que nous faisons. « Mettons notre fierté en Dieu » rappelait saint Paul aux Romains.

Ensuite la mission continue par la proclamation de la proximité du Royaume. Dans le Sinaï la promesse demandait que le peuple écoute la voix du Seigneur. Il y a donc une dimension de parole, qui doit faire retentir la Parole de Dieu. Comment parlons-nous à nos proches du Seigneur ? de la foi ? Est-ce que nous osons rappeler l’évangile à ceux qui l’oublient ? Est-ce que nous savons expliquer ce que nous avons compris du mystère de Dieu à ceux qui nous entourent ? La mission vers nos proches, notre famille ou nos amis, passe souvent par des discussions, au détour d’une conversation nous pouvons redire un certain nombre de choses. Même si cela ne plaît pas, même si ça dérange un peu. Non pas pour se brouiller, mais pour témoigner. A la manière de sainte Bernadette disant à son curé : « je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Évidemment, la mission et le témoignage ne peuvent pas se contenter de paroles. Ce que Jésus demande aux disciples, ce sont aussi des actions qui témoignent et rendent crédible la miséricorde de Dieu. « Donnez gratuitement ». On ne rassemble pas en hurlant, mais en prenant soin. Comment nos actions, notre manière d’être et de réagir auprès de nos proches manifestent aussi qu’ils sont importants, pour Dieu comme pour nous ? Avons-nous le souci d’être délicats et attentifs, d’aider et de secourir ? Quelle place a le pardon dans nos relations ? Est-ce que nous pensons à bénir ceux qui nous entourent ? A prier pour eux, et peut-être aussi avec eux ?

La parole de Dieu nous rappelle que nous sommes envoyés pour participer à la miséricorde de Dieu. C’est d’abord notre cœur qui doit être accueillant à cette miséricorde en mettant notre fierté en Dieu, en reconnaissant que nous avons reçu gratuitement. C’est aussi dans nos conversations ordinaires que nous pouvons faire retentir la voix du Seigneur en témoignant que le royaume des Cieux est tout proche. C’est encore dans notre comportement et nos actions quotidiennes que nous pouvons donner gratuitement à ceux qui autour de nous sont désemparés et abattus.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin, qu’elle tourne nos cœurs vers le cœur de Dieu. Arche de la Nouvelle Alliance qu’elle ouvre nos oreilles à la Parole pour que nous puissions la faire retentir là où nous sommes. Mère du Bel amour qu’elle ouvre nos mains à la générosité de Dieu pour que nous puissions rejoindre ceux que le Seigneur nous a confiés et demeurer en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

Publié le 03 mai 2026

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Père Charles Mallard-La première mission

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La première mission

14 Juin 2026

11° dimanche du temps ordinaire – Année A

Ex 19,2-6a ; Ps 99 ; Rm 5,6-11 ; Mt 9,36-10,8

On peut être surpris par les consignes que Jésus donne à ses disciples : « n’allez pas vers les païens ou les samaritains, allez d’abord vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». En matière de mission, on est habitué à un envoi plus général, comme celui d’après la Résurrection : « allez dans toutes les nations et jusqu’aux extrémités de la terre ». Pourquoi limiter l’annonce de l’évangile et la proclamation du royaume de Dieu ?

Bien sûr, on peut comprendre que le texte que nous avons entendu se situe plutôt au début de l’évangile, et qu’il y a une progression. Faut-il alors écouter ce passage d’une oreille distraite, en se disant que c’est dépassé, qu’on a désormais une mission beaucoup plus large, et que finalement ça ne nous concerne pas vraiment ? Comme vous le savez, c’est souvent injuste et généralement périlleux de penser qu’un passage de l’évangile ne nous concerne pas ! Au contraire, il me semble que ce texte nous rappelle quelque chose de très précieux et de facilement oublié : la mission commence autour de nous. On peut dire qu’il y a deux missions : la première vers les brebis perdues du peuple de Dieu, la deuxième vers les nations qui ne le connaissent pas. Et il serait imprudent de croire que la deuxième nous dispense de la première : on connait parfois des gens dévoués à ceux qu’ils ne connaissent pas, mais pénibles à ceux qui les entourent … et à juste titre cela nous semble incohérent. Alors, évitons ce piège et méditons sur la première mission, celle dont parle l’évangile de ce jour.

La première lecture rappelait l’alliance du temps de Moïse, avec cette promesse : « si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte ». La première étape de la mission, c’est donc précisément de réveiller la fidélité de ceux que Dieu a choisis. Et si l’on veut être honnête, la première brebis à qui nous pouvons éviter d’être perdue, c’est nous ! « L’Église commence par s’évangéliser elle-même » disait saint Paul VI. Ainsi la mission commence par la conversion du cœur. La première étape de la mission est une étape d’humilité : reconnaître ce que nous devons au Seigneur, « vous avez reçu gratuitement » disait Jésus à ses disciples. Nous n’avons pas à nous enorgueillir de ce que nous sommes, de ce que nous avons ou de ce que nous faisons. « Mettons notre fierté en Dieu » rappelait saint Paul aux Romains.

Ensuite la mission continue par la proclamation de la proximité du Royaume. Dans le Sinaï la promesse demandait que le peuple écoute la voix du Seigneur. Il y a donc une dimension de parole, qui doit faire retentir la Parole de Dieu. Comment parlons-nous à nos proches du Seigneur ? de la foi ? Est-ce que nous osons rappeler l’évangile à ceux qui l’oublient ? Est-ce que nous savons expliquer ce que nous avons compris du mystère de Dieu à ceux qui nous entourent ? La mission vers nos proches, notre famille ou nos amis, passe souvent par des discussions, au détour d’une conversation nous pouvons redire un certain nombre de choses. Même si cela ne plaît pas, même si ça dérange un peu. Non pas pour se brouiller, mais pour témoigner. A la manière de sainte Bernadette disant à son curé : « je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Évidemment, la mission et le témoignage ne peuvent pas se contenter de paroles. Ce que Jésus demande aux disciples, ce sont aussi des actions qui témoignent et rendent crédible la miséricorde de Dieu. « Donnez gratuitement ». On ne rassemble pas en hurlant, mais en prenant soin. Comment nos actions, notre manière d’être et de réagir auprès de nos proches manifestent aussi qu’ils sont importants, pour Dieu comme pour nous ? Avons-nous le souci d’être délicats et attentifs, d’aider et de secourir ? Quelle place a le pardon dans nos relations ? Est-ce que nous pensons à bénir ceux qui nous entourent ? A prier pour eux, et peut-être aussi avec eux ?

La parole de Dieu nous rappelle que nous sommes envoyés pour participer à la miséricorde de Dieu. C’est d’abord notre cœur qui doit être accueillant à cette miséricorde en mettant notre fierté en Dieu, en reconnaissant que nous avons reçu gratuitement. C’est aussi dans nos conversations ordinaires que nous pouvons faire retentir la voix du Seigneur en témoignant que le royaume des Cieux est tout proche. C’est encore dans notre comportement et nos actions quotidiennes que nous pouvons donner gratuitement à ceux qui autour de nous sont désemparés et abattus.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin, qu’elle tourne nos cœurs vers le cœur de Dieu. Arche de la Nouvelle Alliance qu’elle ouvre nos oreilles à la Parole pour que nous puissions la faire retentir là où nous sommes. Mère du Bel amour qu’elle ouvre nos mains à la générosité de Dieu pour que nous puissions rejoindre ceux que le Seigneur nous a confiés et demeurer en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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Publié le 03 mai 2026