PÚre Charles Mallard-Les chemins de Bethléem

homélie 2

Les chemins de Bethléem

4 Janvier 2026

Epiphanie du Seigneur

Is 60,1-6 ; Ps 71 ; Ep 3,2-3. 5-6 ; Mt 2,1-12

« Ils regagnĂšrent leur pays par un autre chemin » 
 en entendant la conclusion de l’évangile de ce jour, je me suis dit que si tous les chemins mĂšnent Ă  Rome, il y a aussi plusieurs chemins qui mĂšnent Ă  BethlĂ©em ! On ne va Ă©videmment pas se lancer dans la gĂ©ographie de la Terre Sainte ni dans la topographie de la JudĂ©e, mais cela vaut la peine de se redire les diffĂ©rentes maniĂšres d’arriver jusqu’à la crĂšche, les diffĂ©rentes façons de vivre le mystĂšre de NoĂ«l.

Il y a d’abord le chemin des bergers. On se souvient qu’ils Ă©taient dans les champs et que l’ange est venu leur annoncer la naissance du Sauveur, du Messie attendu par le peuple. Ils se mettent en route, obĂ©issant Ă  l’invitation qui leur est faite, pour contempler ce qui leur a Ă©tĂ© dit. C’est un chemin sans dĂ©tour, que l’on parcourt dans la simplicitĂ© de la confiance, dans la hĂąte de voir ce que l’on attend, avec l’élan de celui qui aspire au Salut. C’est le chemin du PĂšre, le chemin des promesses accomplies. C’est le chemin de l’espĂ©rance qui nous conduit vers le mystĂšre sans trop se poser de question, en accueillant la Parole de Dieu.

Il y a ensuite le chemin des mages, celui qui nous est rappelĂ© aujourd’hui. C’est un chemin plus long, moins assurĂ©. Ils se sont mis en route parce qu’ils ont vu une Ă©toile se lever. C’est leur mĂ©tier de scruter les Ă©toiles et d’interprĂ©ter les signes. Ils sont en recherche et s’efforcent de comprendre. Mais mĂȘme si c’est leur science qui les conduit, ils sont bien obligĂ©s de poser des questions et de complĂ©ter ce qu’ils savent avec le savoir des grands prĂȘtres et des scribes de JĂ©rusalem. C’est un chemin qui conduit Ă  travers le monde, par la raison et par la foi, « les deux ailes qui permettent Ă  l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vĂ©rité » comme disait saint Jean Paul II. Un chemin plus laborieux mais accessible Ă  tous ceux qui acceptent de chercher humblement. C’est le chemin du Fils, celui qui passe par notre monde, c’est le chemin de la foi qui nous conduit au mystĂšre en passant par les ombres et les lumiĂšres de la vie.

Et il y a donc aussi cet autre chemin, celui par lequel les mages rentrent chez eux. Ils ont Ă©tĂ© avertis en songe de ne pas revenir en arriĂšre en passant chez HĂ©rode. Alors ils vont regagner autrement leur pays. Ils ne raconteront pas au roi dans le secret des palais ce qu’ils ont vĂ©cu, mais c’est Ă  tous ceux qu’ils rencontreront aux quatre vents du monde qu’ils tĂ©moigneront. Cet autre chemin il part du cƓur de Dieu et peut aller jusqu’aux extrĂ©mitĂ©s de la terre, c’est le chemin de la mission, le chemin de celui que la rencontre a transformĂ©. C’est le chemin du Saint Esprit qui nous envoie. C’est le chemin de la charitĂ© qui rend prĂ©sent le mystĂšre Ă  tous ceux qui l’attendent mĂȘme sans le savoir.

Et puis, il y a le chemin d’HĂ©rode 
 un chemin qui est une impasse et qui ne conduit Ă  rien. Il ne veut pas s’engager et prĂ©tend chercher par procuration en demandant qu’on l’informe. Comment se mettrait-il en route ? Comment emprunter le chemin de la charitĂ© si on ne s’engage pas ? Il dissimule ses intentions et convoque les mages en secret, il ne dit pas la vĂ©ritĂ© mais calcule et manipule. Comment arriver quelque part quand on reste dans l’ombre du mensonge ? Comment emprunter le chemin de la foi si l’on ne cherche pas la vĂ©rité ? On sait qu’il craint pour son trĂŽne et qu’il combattra, cruellement mais vainement, l’enfant qu’il prend pour une menace. Il est plus attachĂ© Ă  prendre qu’à donner, Ă  garder le pouvoir qu’à servir si ce n’est Dieu, du moins le peuple. Comment aller ailleurs qu’à soi-mĂȘme quand on est son propre but ? Comment emprunter le chemin de l’espĂ©rance si l’on craint tout changement qu’on ne maitrise pas ?

En vĂ©ritĂ©, selon ce que l’on vit, il nous arrivera de nous sentir parfois sur le chemin des bergers, parfois sur le chemin des mages, parfois sur l’autre chemin. Il est mĂȘme probable que nous ayons les trois Ă  parcourir, mais Ă©vitons au moins de nous perdre sur le chemin d’HĂ©rode !

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. Porte du Ciel qu’elle nous apprenne la simplicitĂ© qui permet d’avancer dans l’espĂ©rance. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous guide dans l’humilitĂ© qui permet de progresser dans la foi. MĂšre du Bel Amour qu’elle nous entraĂźne dans la disponibilitĂ© qui permet de cheminer dans la charitĂ© pour que nous puissions arriver jusqu’au cƓur de Dieu et demeurer en lui comme il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

Publié le 21 décembre 2025

PÚre Charles Mallard-Les chemins de Bethléem

Les chemins de Bethléem

4 Janvier 2026

Epiphanie du Seigneur

Is 60,1-6 ; Ps 71 ; Ep 3,2-3. 5-6 ; Mt 2,1-12

« Ils regagnĂšrent leur pays par un autre chemin » 
 en entendant la conclusion de l’évangile de ce jour, je me suis dit que si tous les chemins mĂšnent Ă  Rome, il y a aussi plusieurs chemins qui mĂšnent Ă  BethlĂ©em ! On ne va Ă©videmment pas se lancer dans la gĂ©ographie de la Terre Sainte ni dans la topographie de la JudĂ©e, mais cela vaut la peine de se redire les diffĂ©rentes maniĂšres d’arriver jusqu’à la crĂšche, les diffĂ©rentes façons de vivre le mystĂšre de NoĂ«l.

Il y a d’abord le chemin des bergers. On se souvient qu’ils Ă©taient dans les champs et que l’ange est venu leur annoncer la naissance du Sauveur, du Messie attendu par le peuple. Ils se mettent en route, obĂ©issant Ă  l’invitation qui leur est faite, pour contempler ce qui leur a Ă©tĂ© dit. C’est un chemin sans dĂ©tour, que l’on parcourt dans la simplicitĂ© de la confiance, dans la hĂąte de voir ce que l’on attend, avec l’élan de celui qui aspire au Salut. C’est le chemin du PĂšre, le chemin des promesses accomplies. C’est le chemin de l’espĂ©rance qui nous conduit vers le mystĂšre sans trop se poser de question, en accueillant la Parole de Dieu.

Il y a ensuite le chemin des mages, celui qui nous est rappelĂ© aujourd’hui. C’est un chemin plus long, moins assurĂ©. Ils se sont mis en route parce qu’ils ont vu une Ă©toile se lever. C’est leur mĂ©tier de scruter les Ă©toiles et d’interprĂ©ter les signes. Ils sont en recherche et s’efforcent de comprendre. Mais mĂȘme si c’est leur science qui les conduit, ils sont bien obligĂ©s de poser des questions et de complĂ©ter ce qu’ils savent avec le savoir des grands prĂȘtres et des scribes de JĂ©rusalem. C’est un chemin qui conduit Ă  travers le monde, par la raison et par la foi, « les deux ailes qui permettent Ă  l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vĂ©rité » comme disait saint Jean Paul II. Un chemin plus laborieux mais accessible Ă  tous ceux qui acceptent de chercher humblement. C’est le chemin du Fils, celui qui passe par notre monde, c’est le chemin de la foi qui nous conduit au mystĂšre en passant par les ombres et les lumiĂšres de la vie.

Et il y a donc aussi cet autre chemin, celui par lequel les mages rentrent chez eux. Ils ont Ă©tĂ© avertis en songe de ne pas revenir en arriĂšre en passant chez HĂ©rode. Alors ils vont regagner autrement leur pays. Ils ne raconteront pas au roi dans le secret des palais ce qu’ils ont vĂ©cu, mais c’est Ă  tous ceux qu’ils rencontreront aux quatre vents du monde qu’ils tĂ©moigneront. Cet autre chemin il part du cƓur de Dieu et peut aller jusqu’aux extrĂ©mitĂ©s de la terre, c’est le chemin de la mission, le chemin de celui que la rencontre a transformĂ©. C’est le chemin du Saint Esprit qui nous envoie. C’est le chemin de la charitĂ© qui rend prĂ©sent le mystĂšre Ă  tous ceux qui l’attendent mĂȘme sans le savoir.

Et puis, il y a le chemin d’HĂ©rode 
 un chemin qui est une impasse et qui ne conduit Ă  rien. Il ne veut pas s’engager et prĂ©tend chercher par procuration en demandant qu’on l’informe. Comment se mettrait-il en route ? Comment emprunter le chemin de la charitĂ© si on ne s’engage pas ? Il dissimule ses intentions et convoque les mages en secret, il ne dit pas la vĂ©ritĂ© mais calcule et manipule. Comment arriver quelque part quand on reste dans l’ombre du mensonge ? Comment emprunter le chemin de la foi si l’on ne cherche pas la vĂ©rité ? On sait qu’il craint pour son trĂŽne et qu’il combattra, cruellement mais vainement, l’enfant qu’il prend pour une menace. Il est plus attachĂ© Ă  prendre qu’à donner, Ă  garder le pouvoir qu’à servir si ce n’est Dieu, du moins le peuple. Comment aller ailleurs qu’à soi-mĂȘme quand on est son propre but ? Comment emprunter le chemin de l’espĂ©rance si l’on craint tout changement qu’on ne maitrise pas ?

En vĂ©ritĂ©, selon ce que l’on vit, il nous arrivera de nous sentir parfois sur le chemin des bergers, parfois sur le chemin des mages, parfois sur l’autre chemin. Il est mĂȘme probable que nous ayons les trois Ă  parcourir, mais Ă©vitons au moins de nous perdre sur le chemin d’HĂ©rode !

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. Porte du Ciel qu’elle nous apprenne la simplicitĂ© qui permet d’avancer dans l’espĂ©rance. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous guide dans l’humilitĂ© qui permet de progresser dans la foi. MĂšre du Bel Amour qu’elle nous entraĂźne dans la disponibilitĂ© qui permet de cheminer dans la charitĂ© pour que nous puissions arriver jusqu’au cƓur de Dieu et demeurer en lui comme il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

Publié le 21 décembre 2025

PÚre Charles Mallard-Les chemins de Bethléem

homélie 2

Les chemins de Bethléem

4 Janvier 2026

Epiphanie du Seigneur

Is 60,1-6 ; Ps 71 ; Ep 3,2-3. 5-6 ; Mt 2,1-12

« Ils regagnĂšrent leur pays par un autre chemin » 
 en entendant la conclusion de l’évangile de ce jour, je me suis dit que si tous les chemins mĂšnent Ă  Rome, il y a aussi plusieurs chemins qui mĂšnent Ă  BethlĂ©em ! On ne va Ă©videmment pas se lancer dans la gĂ©ographie de la Terre Sainte ni dans la topographie de la JudĂ©e, mais cela vaut la peine de se redire les diffĂ©rentes maniĂšres d’arriver jusqu’à la crĂšche, les diffĂ©rentes façons de vivre le mystĂšre de NoĂ«l.

Il y a d’abord le chemin des bergers. On se souvient qu’ils Ă©taient dans les champs et que l’ange est venu leur annoncer la naissance du Sauveur, du Messie attendu par le peuple. Ils se mettent en route, obĂ©issant Ă  l’invitation qui leur est faite, pour contempler ce qui leur a Ă©tĂ© dit. C’est un chemin sans dĂ©tour, que l’on parcourt dans la simplicitĂ© de la confiance, dans la hĂąte de voir ce que l’on attend, avec l’élan de celui qui aspire au Salut. C’est le chemin du PĂšre, le chemin des promesses accomplies. C’est le chemin de l’espĂ©rance qui nous conduit vers le mystĂšre sans trop se poser de question, en accueillant la Parole de Dieu.

Il y a ensuite le chemin des mages, celui qui nous est rappelĂ© aujourd’hui. C’est un chemin plus long, moins assurĂ©. Ils se sont mis en route parce qu’ils ont vu une Ă©toile se lever. C’est leur mĂ©tier de scruter les Ă©toiles et d’interprĂ©ter les signes. Ils sont en recherche et s’efforcent de comprendre. Mais mĂȘme si c’est leur science qui les conduit, ils sont bien obligĂ©s de poser des questions et de complĂ©ter ce qu’ils savent avec le savoir des grands prĂȘtres et des scribes de JĂ©rusalem. C’est un chemin qui conduit Ă  travers le monde, par la raison et par la foi, « les deux ailes qui permettent Ă  l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vĂ©rité » comme disait saint Jean Paul II. Un chemin plus laborieux mais accessible Ă  tous ceux qui acceptent de chercher humblement. C’est le chemin du Fils, celui qui passe par notre monde, c’est le chemin de la foi qui nous conduit au mystĂšre en passant par les ombres et les lumiĂšres de la vie.

Et il y a donc aussi cet autre chemin, celui par lequel les mages rentrent chez eux. Ils ont Ă©tĂ© avertis en songe de ne pas revenir en arriĂšre en passant chez HĂ©rode. Alors ils vont regagner autrement leur pays. Ils ne raconteront pas au roi dans le secret des palais ce qu’ils ont vĂ©cu, mais c’est Ă  tous ceux qu’ils rencontreront aux quatre vents du monde qu’ils tĂ©moigneront. Cet autre chemin il part du cƓur de Dieu et peut aller jusqu’aux extrĂ©mitĂ©s de la terre, c’est le chemin de la mission, le chemin de celui que la rencontre a transformĂ©. C’est le chemin du Saint Esprit qui nous envoie. C’est le chemin de la charitĂ© qui rend prĂ©sent le mystĂšre Ă  tous ceux qui l’attendent mĂȘme sans le savoir.

Et puis, il y a le chemin d’HĂ©rode 
 un chemin qui est une impasse et qui ne conduit Ă  rien. Il ne veut pas s’engager et prĂ©tend chercher par procuration en demandant qu’on l’informe. Comment se mettrait-il en route ? Comment emprunter le chemin de la charitĂ© si on ne s’engage pas ? Il dissimule ses intentions et convoque les mages en secret, il ne dit pas la vĂ©ritĂ© mais calcule et manipule. Comment arriver quelque part quand on reste dans l’ombre du mensonge ? Comment emprunter le chemin de la foi si l’on ne cherche pas la vĂ©rité ? On sait qu’il craint pour son trĂŽne et qu’il combattra, cruellement mais vainement, l’enfant qu’il prend pour une menace. Il est plus attachĂ© Ă  prendre qu’à donner, Ă  garder le pouvoir qu’à servir si ce n’est Dieu, du moins le peuple. Comment aller ailleurs qu’à soi-mĂȘme quand on est son propre but ? Comment emprunter le chemin de l’espĂ©rance si l’on craint tout changement qu’on ne maitrise pas ?

En vĂ©ritĂ©, selon ce que l’on vit, il nous arrivera de nous sentir parfois sur le chemin des bergers, parfois sur le chemin des mages, parfois sur l’autre chemin. Il est mĂȘme probable que nous ayons les trois Ă  parcourir, mais Ă©vitons au moins de nous perdre sur le chemin d’HĂ©rode !

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă  entendre cette parole et Ă  la mettre en pratique. Porte du Ciel qu’elle nous apprenne la simplicitĂ© qui permet d’avancer dans l’espĂ©rance. TrĂŽne de la Sagesse qu’elle nous guide dans l’humilitĂ© qui permet de progresser dans la foi. MĂšre du Bel Amour qu’elle nous entraĂźne dans la disponibilitĂ© qui permet de cheminer dans la charitĂ© pour que nous puissions arriver jusqu’au cƓur de Dieu et demeurer en lui comme il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.

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Publié le 21 décembre 2025