PĂšre Charles Mallard-Quelques repĂšres de la vie spirituelle
Quelques repĂšres de la vie spirituelle
6° dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A
Si 15,15-20Â ; Ps 118Â ; 1 Co 2,6-10Â ; Mt 5,17-37
Avant de commencer le carĂȘme, mercredi prochain, nous aurions peut-ĂȘtre espĂ©rĂ© un Ă©vangile un peu moins exigeant que celui que nous venons dâentendre. Mais puisquâil nous est donnĂ© aujourdâhui, accueillons-le comme une prĂ©paration, et aussi comme le rappel que le carĂȘme est un entrainement et non pas une parenthĂšse. Suivre le Christ demande des efforts qui ne se limitent pas aux quarante jours qui prĂ©cĂšdent la fĂȘte de PĂąques. Dâailleurs lâenseignement du Seigneur se prĂ©sente bien comme des conseils pour toute la vie, et Ă bien y regarder ce sont mĂȘmes des repĂšres essentiels pour la vie spirituelle.
JĂ©sus commence en rappelant quâil ne vient pas abolir la Loi ou les ProphĂštes. Dit en dâautres termes, cela veut dire quâĂȘtre chrĂ©tien ne dispense pas dâagir selon le cĆur de Dieu. Câest ce que disait dĂ©jĂ Ben Sira le Sage dans la premiĂšre lecture : « Dieu nâa donnĂ© Ă personne la permission de pĂ©cher ». Câest que lâon pourrait ĂȘtre tenter de croire que la vie spirituelle nâest quâune affaire intĂ©rieure Ă nous-mĂȘmes. Tout au long de lâhistoire, il y a eu des gens pour prĂ©tendre que lâimportant est dâaimer Dieu, et que cela suffit, peu importe ce que lâon fait et comment en se comporte extĂ©rieurement. Pire, certains ont prĂ©tendu que si lâon priait comme il faut, on pouvait faire nâimporte quoi ⊠et en gĂ©nĂ©ral ils ne sâen privaient pas, malheureusement ! Câest le premier repĂšre que JĂ©sus nous donne aujourdâhui : il nây a pas dâamour sans justice. Il doit y avoir une cohĂ©rence entre ce que lâon fait et ce que lâon croit, et il faut se mĂ©fier de ceux qui prĂ©tendent mĂ©priser la morale sous prĂ©texte de spiritualitĂ©.
Ensuite JĂ©sus invite Ă dĂ©passer la justice des scribes et des pharisiens, et dans les exemples quâil donne, on comprend quâil ne faut pas se contenter des apparences. Il ne suffit pas de ne pas tuer, de ne pas commettre dâadultĂšre ou de ne pas jurer, il faut rechercher la paix, fuir les occasions proches et ĂȘtre vrai, digne de confiance. La justice ne se limite pas Ă ce qui se voit, elle sâenracine dans notre cĆur. LĂ encore on trouve facilement une dĂ©rive inverse Ă celle que JĂ©sus dĂ©nonçait prĂ©cĂ©demment. Si certains pensent que seule compte la vie intĂ©rieure, dâautres prĂ©tendent que lâextĂ©rieur suffit. Cette maniĂšre de faire ouvre au rĂšgne de lâapparence, donc assez rapidement Ă lâhypocrisie. Câest le deuxiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous propose : il nây a pas de justice sans amour. On ne peut pas se satisfaire de faire bien, il faut vouloir bien.
Et lâon arrive au troisiĂšme repĂšre. A travers ce que JĂ©sus demande, on comprend quâil ne suffit pas dâĂ©viter, il faut vouloir. Câest aussi ce que disait Ben Sira : « si tu veux, tu peux observer les commandements ». Vous allez me dire que câest impossible, parce que cela voudrait dire de maitriser les Ă©motions et les sentiments. En fait, il nâest pas tout Ă fait exact que lâinjure ou mĂȘme la convoitise soient des sentiments. Mais surtout lâenjeu avec les Ă©motions, câest que si on ne peut pas les empĂȘcher, on peut choisir ce quâon en fait. Rappelez-vous la question de Dieu Ă CaĂŻn : « le pĂ©chĂ© est Ă ta porte, sauras-tu le dominer ? ». On ne commande pas aux sentiments, mais on nâest pas obligĂ© de se laisser entrainer par eux nâimporte oĂč. La parole de Dieu nous rappelle lâimportance de la volontĂ©. On peut faire des erreurs par ignorance, on peut faire des fautes par maladresse, mais on ne fait pas de pĂ©chĂ© sans le vouloir dâune maniĂšre ou dâune autre. On nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Câest le troisiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous donne. Et il nous oblige Ă une certaine honnĂȘtetĂ© avec nous-mĂȘmes : il faut faire attention de ne pas se mettre en situation de danger, car il est vain de regretter ce que nous avons provoquĂ© ou permis.
Il nây a pas dâamour sans justice, il nây a pas de justice sans amour et lâon nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Ce sont les trois repĂšres que nous donne la parole de Dieu aujourdâhui. Et ces repĂšres sont exigeants parce quâils nous rappellent notre libertĂ© et donc notre responsabilitĂ©. Comme le disait saint Paul aux Corinthiens « câest bien de sagesse que nous parlons, mais ce nâest pas la sagesse de ce monde », parce que la sagesse de Dieu sâadresse Ă notre volontĂ© pour que nous dĂ©cidions dâaimer comme Dieu aime.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă entendre cette parole et Ă la mettre en pratique. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu quâelle nous rende attentifs Ă faire ce que nous professons ; Buisson Ardent quâelle nous encourage Ă ĂȘtre ce que nous faisons ; Reine des Saints quâelle nous apprenne Ă vouloir ce que Dieu nous propose pour que nous puissions demeurer en Lui comme Il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.
Publié le 21 décembre 2025
PĂšre Charles Mallard-Quelques repĂšres de la vie spirituelle
Quelques repĂšres de la vie spirituelle
6° dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A
Si 15,15-20Â ; Ps 118Â ; 1 Co 2,6-10Â ; Mt 5,17-37
Avant de commencer le carĂȘme, mercredi prochain, nous aurions peut-ĂȘtre espĂ©rĂ© un Ă©vangile un peu moins exigeant que celui que nous venons dâentendre. Mais puisquâil nous est donnĂ© aujourdâhui, accueillons-le comme une prĂ©paration, et aussi comme le rappel que le carĂȘme est un entrainement et non pas une parenthĂšse. Suivre le Christ demande des efforts qui ne se limitent pas aux quarante jours qui prĂ©cĂšdent la fĂȘte de PĂąques. Dâailleurs lâenseignement du Seigneur se prĂ©sente bien comme des conseils pour toute la vie, et Ă bien y regarder ce sont mĂȘmes des repĂšres essentiels pour la vie spirituelle.
JĂ©sus commence en rappelant quâil ne vient pas abolir la Loi ou les ProphĂštes. Dit en dâautres termes, cela veut dire quâĂȘtre chrĂ©tien ne dispense pas dâagir selon le cĆur de Dieu. Câest ce que disait dĂ©jĂ Ben Sira le Sage dans la premiĂšre lecture : « Dieu nâa donnĂ© Ă personne la permission de pĂ©cher ». Câest que lâon pourrait ĂȘtre tenter de croire que la vie spirituelle nâest quâune affaire intĂ©rieure Ă nous-mĂȘmes. Tout au long de lâhistoire, il y a eu des gens pour prĂ©tendre que lâimportant est dâaimer Dieu, et que cela suffit, peu importe ce que lâon fait et comment en se comporte extĂ©rieurement. Pire, certains ont prĂ©tendu que si lâon priait comme il faut, on pouvait faire nâimporte quoi ⊠et en gĂ©nĂ©ral ils ne sâen privaient pas, malheureusement ! Câest le premier repĂšre que JĂ©sus nous donne aujourdâhui : il nây a pas dâamour sans justice. Il doit y avoir une cohĂ©rence entre ce que lâon fait et ce que lâon croit, et il faut se mĂ©fier de ceux qui prĂ©tendent mĂ©priser la morale sous prĂ©texte de spiritualitĂ©.
Ensuite JĂ©sus invite Ă dĂ©passer la justice des scribes et des pharisiens, et dans les exemples quâil donne, on comprend quâil ne faut pas se contenter des apparences. Il ne suffit pas de ne pas tuer, de ne pas commettre dâadultĂšre ou de ne pas jurer, il faut rechercher la paix, fuir les occasions proches et ĂȘtre vrai, digne de confiance. La justice ne se limite pas Ă ce qui se voit, elle sâenracine dans notre cĆur. LĂ encore on trouve facilement une dĂ©rive inverse Ă celle que JĂ©sus dĂ©nonçait prĂ©cĂ©demment. Si certains pensent que seule compte la vie intĂ©rieure, dâautres prĂ©tendent que lâextĂ©rieur suffit. Cette maniĂšre de faire ouvre au rĂšgne de lâapparence, donc assez rapidement Ă lâhypocrisie. Câest le deuxiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous propose : il nây a pas de justice sans amour. On ne peut pas se satisfaire de faire bien, il faut vouloir bien.
Et lâon arrive au troisiĂšme repĂšre. A travers ce que JĂ©sus demande, on comprend quâil ne suffit pas dâĂ©viter, il faut vouloir. Câest aussi ce que disait Ben Sira : « si tu veux, tu peux observer les commandements ». Vous allez me dire que câest impossible, parce que cela voudrait dire de maitriser les Ă©motions et les sentiments. En fait, il nâest pas tout Ă fait exact que lâinjure ou mĂȘme la convoitise soient des sentiments. Mais surtout lâenjeu avec les Ă©motions, câest que si on ne peut pas les empĂȘcher, on peut choisir ce quâon en fait. Rappelez-vous la question de Dieu Ă CaĂŻn : « le pĂ©chĂ© est Ă ta porte, sauras-tu le dominer ? ». On ne commande pas aux sentiments, mais on nâest pas obligĂ© de se laisser entrainer par eux nâimporte oĂč. La parole de Dieu nous rappelle lâimportance de la volontĂ©. On peut faire des erreurs par ignorance, on peut faire des fautes par maladresse, mais on ne fait pas de pĂ©chĂ© sans le vouloir dâune maniĂšre ou dâune autre. On nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Câest le troisiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous donne. Et il nous oblige Ă une certaine honnĂȘtetĂ© avec nous-mĂȘmes : il faut faire attention de ne pas se mettre en situation de danger, car il est vain de regretter ce que nous avons provoquĂ© ou permis.
Il nây a pas dâamour sans justice, il nây a pas de justice sans amour et lâon nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Ce sont les trois repĂšres que nous donne la parole de Dieu aujourdâhui. Et ces repĂšres sont exigeants parce quâils nous rappellent notre libertĂ© et donc notre responsabilitĂ©. Comme le disait saint Paul aux Corinthiens « câest bien de sagesse que nous parlons, mais ce nâest pas la sagesse de ce monde », parce que la sagesse de Dieu sâadresse Ă notre volontĂ© pour que nous dĂ©cidions dâaimer comme Dieu aime.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă entendre cette parole et Ă la mettre en pratique. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu quâelle nous rende attentifs Ă faire ce que nous professons ; Buisson Ardent quâelle nous encourage Ă ĂȘtre ce que nous faisons ; Reine des Saints quâelle nous apprenne Ă vouloir ce que Dieu nous propose pour que nous puissions demeurer en Lui comme Il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.
Publié le 21 décembre 2025
PĂšre Charles Mallard-Quelques repĂšres de la vie spirituelle
Quelques repĂšres de la vie spirituelle
6° dimanche du Temps Ordinaire – AnnĂ©e A
Si 15,15-20Â ; Ps 118Â ; 1 Co 2,6-10Â ; Mt 5,17-37
Avant de commencer le carĂȘme, mercredi prochain, nous aurions peut-ĂȘtre espĂ©rĂ© un Ă©vangile un peu moins exigeant que celui que nous venons dâentendre. Mais puisquâil nous est donnĂ© aujourdâhui, accueillons-le comme une prĂ©paration, et aussi comme le rappel que le carĂȘme est un entrainement et non pas une parenthĂšse. Suivre le Christ demande des efforts qui ne se limitent pas aux quarante jours qui prĂ©cĂšdent la fĂȘte de PĂąques. Dâailleurs lâenseignement du Seigneur se prĂ©sente bien comme des conseils pour toute la vie, et Ă bien y regarder ce sont mĂȘmes des repĂšres essentiels pour la vie spirituelle.
JĂ©sus commence en rappelant quâil ne vient pas abolir la Loi ou les ProphĂštes. Dit en dâautres termes, cela veut dire quâĂȘtre chrĂ©tien ne dispense pas dâagir selon le cĆur de Dieu. Câest ce que disait dĂ©jĂ Ben Sira le Sage dans la premiĂšre lecture : « Dieu nâa donnĂ© Ă personne la permission de pĂ©cher ». Câest que lâon pourrait ĂȘtre tenter de croire que la vie spirituelle nâest quâune affaire intĂ©rieure Ă nous-mĂȘmes. Tout au long de lâhistoire, il y a eu des gens pour prĂ©tendre que lâimportant est dâaimer Dieu, et que cela suffit, peu importe ce que lâon fait et comment en se comporte extĂ©rieurement. Pire, certains ont prĂ©tendu que si lâon priait comme il faut, on pouvait faire nâimporte quoi ⊠et en gĂ©nĂ©ral ils ne sâen privaient pas, malheureusement ! Câest le premier repĂšre que JĂ©sus nous donne aujourdâhui : il nây a pas dâamour sans justice. Il doit y avoir une cohĂ©rence entre ce que lâon fait et ce que lâon croit, et il faut se mĂ©fier de ceux qui prĂ©tendent mĂ©priser la morale sous prĂ©texte de spiritualitĂ©.
Ensuite JĂ©sus invite Ă dĂ©passer la justice des scribes et des pharisiens, et dans les exemples quâil donne, on comprend quâil ne faut pas se contenter des apparences. Il ne suffit pas de ne pas tuer, de ne pas commettre dâadultĂšre ou de ne pas jurer, il faut rechercher la paix, fuir les occasions proches et ĂȘtre vrai, digne de confiance. La justice ne se limite pas Ă ce qui se voit, elle sâenracine dans notre cĆur. LĂ encore on trouve facilement une dĂ©rive inverse Ă celle que JĂ©sus dĂ©nonçait prĂ©cĂ©demment. Si certains pensent que seule compte la vie intĂ©rieure, dâautres prĂ©tendent que lâextĂ©rieur suffit. Cette maniĂšre de faire ouvre au rĂšgne de lâapparence, donc assez rapidement Ă lâhypocrisie. Câest le deuxiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous propose : il nây a pas de justice sans amour. On ne peut pas se satisfaire de faire bien, il faut vouloir bien.
Et lâon arrive au troisiĂšme repĂšre. A travers ce que JĂ©sus demande, on comprend quâil ne suffit pas dâĂ©viter, il faut vouloir. Câest aussi ce que disait Ben Sira : « si tu veux, tu peux observer les commandements ». Vous allez me dire que câest impossible, parce que cela voudrait dire de maitriser les Ă©motions et les sentiments. En fait, il nâest pas tout Ă fait exact que lâinjure ou mĂȘme la convoitise soient des sentiments. Mais surtout lâenjeu avec les Ă©motions, câest que si on ne peut pas les empĂȘcher, on peut choisir ce quâon en fait. Rappelez-vous la question de Dieu Ă CaĂŻn : « le pĂ©chĂ© est Ă ta porte, sauras-tu le dominer ? ». On ne commande pas aux sentiments, mais on nâest pas obligĂ© de se laisser entrainer par eux nâimporte oĂč. La parole de Dieu nous rappelle lâimportance de la volontĂ©. On peut faire des erreurs par ignorance, on peut faire des fautes par maladresse, mais on ne fait pas de pĂ©chĂ© sans le vouloir dâune maniĂšre ou dâune autre. On nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Câest le troisiĂšme repĂšre que JĂ©sus nous donne. Et il nous oblige Ă une certaine honnĂȘtetĂ© avec nous-mĂȘmes : il faut faire attention de ne pas se mettre en situation de danger, car il est vain de regretter ce que nous avons provoquĂ© ou permis.
Il nây a pas dâamour sans justice, il nây a pas de justice sans amour et lâon nâest jamais obligĂ© de pĂ©cher. Ce sont les trois repĂšres que nous donne la parole de Dieu aujourdâhui. Et ces repĂšres sont exigeants parce quâils nous rappellent notre libertĂ© et donc notre responsabilitĂ©. Comme le disait saint Paul aux Corinthiens « câest bien de sagesse que nous parlons, mais ce nâest pas la sagesse de ce monde », parce que la sagesse de Dieu sâadresse Ă notre volontĂ© pour que nous dĂ©cidions dâaimer comme Dieu aime.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide Ă entendre cette parole et Ă la mettre en pratique. Miroir de la SaintetĂ© de Dieu quâelle nous rende attentifs Ă faire ce que nous professons ; Buisson Ardent quâelle nous encourage Ă ĂȘtre ce que nous faisons ; Reine des Saints quâelle nous apprenne Ă vouloir ce que Dieu nous propose pour que nous puissions demeurer en Lui comme Il demeure en nous, dĂšs maintenant et pour les siĂšcles des siĂšcles.
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Publié le 21 décembre 2025