Père Charles Mallard-L’amour plutôt l’envie
L’amour plutôt l’envie
26° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 18, 25-28 ; Ps 24 (25) ; Ph 2,1-11 ; Mt 21,28-32
Les textes que nous venons d’entendre, surtout la première lecture et l’évangile, sont assez étonnants. Non pas qu’ils soient difficiles à comprendre, mais qu’ils disent des choses tellement évidentes qu’il est étonnant qu’on soit obligé de nous les rappeler. Qui niera qu’il vaut mieux bien finir que bien commencer et mal finir ? Qui s’indignera qu’on préfère celui qui dit non et qui fait à celui qui dit oui et ne fait pas ? Et pourtant, il serait tellement plus confortable que les paroles suffisent ou que la justice soit une case à cocher !
Reprenons la parabole des deux fils pour comprendre ce qui se passe. La première manière d’agir, c’est de suivre ses envies. Le premier fils n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il refuse. Le deuxième fils, non plus n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il n’y va pas. Il est même possible qu’il ait répondu gentiment à son père, parce qu’il n’avait pas envie de risquer une dispute. Mais qu’est-ce qui fait changer le premier fils ? Pourquoi va-t-il finalement faire ce qu’il a refusé ? Jésus dit : « s’étant repenti ». Il s’est donc aperçu qu’il avait mal agi, qu’il avait fait de la peine à son père, alors il s’est rappelé son devoir pour faire ce qu’on lui demandait.
C’est qu’il y a deux dynamiques d’action possibles : soit on suit nos envies, soit on se laisse guider par l’amour. Dans le premier cas on revendique un droit, dans le deuxième cas on assume nos devoirs. Le problème c’est qu’on a tendance à confondre « j’ai envie » et « j’aime ». Mais l’amour que nous révèle le Christ, ce n’est pas une simple envie. Il ne s’agit pas de s’affirmer, mais, comme le disait saint Paul dans la deuxième lecture, d’avoir assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à nous-mêmes. Jésus n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, par amour pour nous il s’est abaissé, il a pris notre condition et s’est livré à la mort pour que nous soyons sauvés.
Une société qui ne s’intéresse qu’aux envies voit se multiplier les droits, et le droit se revendique car il a besoin d’être reconnu par l’autre, si ce n’est de gré, ce sera de force. Au contraire l’évangile nous invite à ne pas craindre les devoirs car ils naissent de l’amour. Bien sûr, c’est un principe pour chacun, pas pour les autres ! Éviter de revendiquer un droit ne doit pas empêcher de reconnaître celui des autres ; et accepter le devoir ne signifie pas de l’exiger des autres ! Ce qui compte entre Dieu et nous, ce n’est pas ce que les autres font, mais ce que nous, nous faisons.
Évidemment, il vaut mieux être juste, évidemment il vaut mieux répondre « oui » à l’appel de Dieu, mais ce mouvement doit naître de l’amour plutôt que de l’envie. Car c’est l’amour qui nous permettra de prolonger le premier mouvement et d’agir dans la fidélité. La Parole nous prévient : il ne suffit pas de bien commencer, il faut aussi bien finir. Il ne sert à rien de prendre son élan si nous n’allons pas jusqu’au bout. Dans la charité, on ne capitalise pas ; on ne coche pas une case pour être sauvé : il faut vivre et la vie est durée. Cela peut paraître exigeant, mais c’est aussi encourageant. Parce que c’est ce qui permet la conversion et le pardon. Il est toujours possible d’aller travailler à la vigne du Père. Ce qui compte c’est de ne pas s’enfermer dans un mouvement spontané mais de se situer par rapport à la volonté du Père, et de l’accomplir avant qu’il ne soit trop tard.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Refuge des pécheurs, qu’elle nous apprenne à revenir sur nos refus pour nous convertir. Vierge fidèle, qu’elle nous montre comment persévérer dans ce que nous avons accepté. Mère du Bel Amour qu’elle nous façonne selon le cœur de Dieu pour que nous soyons dans les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus, et que nous demeurions en lui comme il demeure en nous dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 16 septembre 2026
Père Charles Mallard-L’amour plutôt l’envie
L’amour plutôt l’envie
26° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 18, 25-28 ; Ps 24 (25) ; Ph 2,1-11 ; Mt 21,28-32
Les textes que nous venons d’entendre, surtout la première lecture et l’évangile, sont assez étonnants. Non pas qu’ils soient difficiles à comprendre, mais qu’ils disent des choses tellement évidentes qu’il est étonnant qu’on soit obligé de nous les rappeler. Qui niera qu’il vaut mieux bien finir que bien commencer et mal finir ? Qui s’indignera qu’on préfère celui qui dit non et qui fait à celui qui dit oui et ne fait pas ? Et pourtant, il serait tellement plus confortable que les paroles suffisent ou que la justice soit une case à cocher !
Reprenons la parabole des deux fils pour comprendre ce qui se passe. La première manière d’agir, c’est de suivre ses envies. Le premier fils n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il refuse. Le deuxième fils, non plus n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il n’y va pas. Il est même possible qu’il ait répondu gentiment à son père, parce qu’il n’avait pas envie de risquer une dispute. Mais qu’est-ce qui fait changer le premier fils ? Pourquoi va-t-il finalement faire ce qu’il a refusé ? Jésus dit : « s’étant repenti ». Il s’est donc aperçu qu’il avait mal agi, qu’il avait fait de la peine à son père, alors il s’est rappelé son devoir pour faire ce qu’on lui demandait.
C’est qu’il y a deux dynamiques d’action possibles : soit on suit nos envies, soit on se laisse guider par l’amour. Dans le premier cas on revendique un droit, dans le deuxième cas on assume nos devoirs. Le problème c’est qu’on a tendance à confondre « j’ai envie » et « j’aime ». Mais l’amour que nous révèle le Christ, ce n’est pas une simple envie. Il ne s’agit pas de s’affirmer, mais, comme le disait saint Paul dans la deuxième lecture, d’avoir assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à nous-mêmes. Jésus n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, par amour pour nous il s’est abaissé, il a pris notre condition et s’est livré à la mort pour que nous soyons sauvés.
Une société qui ne s’intéresse qu’aux envies voit se multiplier les droits, et le droit se revendique car il a besoin d’être reconnu par l’autre, si ce n’est de gré, ce sera de force. Au contraire l’évangile nous invite à ne pas craindre les devoirs car ils naissent de l’amour. Bien sûr, c’est un principe pour chacun, pas pour les autres ! Éviter de revendiquer un droit ne doit pas empêcher de reconnaître celui des autres ; et accepter le devoir ne signifie pas de l’exiger des autres ! Ce qui compte entre Dieu et nous, ce n’est pas ce que les autres font, mais ce que nous, nous faisons.
Évidemment, il vaut mieux être juste, évidemment il vaut mieux répondre « oui » à l’appel de Dieu, mais ce mouvement doit naître de l’amour plutôt que de l’envie. Car c’est l’amour qui nous permettra de prolonger le premier mouvement et d’agir dans la fidélité. La Parole nous prévient : il ne suffit pas de bien commencer, il faut aussi bien finir. Il ne sert à rien de prendre son élan si nous n’allons pas jusqu’au bout. Dans la charité, on ne capitalise pas ; on ne coche pas une case pour être sauvé : il faut vivre et la vie est durée. Cela peut paraître exigeant, mais c’est aussi encourageant. Parce que c’est ce qui permet la conversion et le pardon. Il est toujours possible d’aller travailler à la vigne du Père. Ce qui compte c’est de ne pas s’enfermer dans un mouvement spontané mais de se situer par rapport à la volonté du Père, et de l’accomplir avant qu’il ne soit trop tard.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Refuge des pécheurs, qu’elle nous apprenne à revenir sur nos refus pour nous convertir. Vierge fidèle, qu’elle nous montre comment persévérer dans ce que nous avons accepté. Mère du Bel Amour qu’elle nous façonne selon le cœur de Dieu pour que nous soyons dans les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus, et que nous demeurions en lui comme il demeure en nous dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Publié le 16 septembre 2026
Père Charles Mallard-L’amour plutôt l’envie
L’amour plutôt l’envie
26° dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Ez 18, 25-28 ; Ps 24 (25) ; Ph 2,1-11 ; Mt 21,28-32
Les textes que nous venons d’entendre, surtout la première lecture et l’évangile, sont assez étonnants. Non pas qu’ils soient difficiles à comprendre, mais qu’ils disent des choses tellement évidentes qu’il est étonnant qu’on soit obligé de nous les rappeler. Qui niera qu’il vaut mieux bien finir que bien commencer et mal finir ? Qui s’indignera qu’on préfère celui qui dit non et qui fait à celui qui dit oui et ne fait pas ? Et pourtant, il serait tellement plus confortable que les paroles suffisent ou que la justice soit une case à cocher !
Reprenons la parabole des deux fils pour comprendre ce qui se passe. La première manière d’agir, c’est de suivre ses envies. Le premier fils n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il refuse. Le deuxième fils, non plus n’a pas envie de travailler à la vigne, alors il n’y va pas. Il est même possible qu’il ait répondu gentiment à son père, parce qu’il n’avait pas envie de risquer une dispute. Mais qu’est-ce qui fait changer le premier fils ? Pourquoi va-t-il finalement faire ce qu’il a refusé ? Jésus dit : « s’étant repenti ». Il s’est donc aperçu qu’il avait mal agi, qu’il avait fait de la peine à son père, alors il s’est rappelé son devoir pour faire ce qu’on lui demandait.
C’est qu’il y a deux dynamiques d’action possibles : soit on suit nos envies, soit on se laisse guider par l’amour. Dans le premier cas on revendique un droit, dans le deuxième cas on assume nos devoirs. Le problème c’est qu’on a tendance à confondre « j’ai envie » et « j’aime ». Mais l’amour que nous révèle le Christ, ce n’est pas une simple envie. Il ne s’agit pas de s’affirmer, mais, comme le disait saint Paul dans la deuxième lecture, d’avoir assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à nous-mêmes. Jésus n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, par amour pour nous il s’est abaissé, il a pris notre condition et s’est livré à la mort pour que nous soyons sauvés.
Une société qui ne s’intéresse qu’aux envies voit se multiplier les droits, et le droit se revendique car il a besoin d’être reconnu par l’autre, si ce n’est de gré, ce sera de force. Au contraire l’évangile nous invite à ne pas craindre les devoirs car ils naissent de l’amour. Bien sûr, c’est un principe pour chacun, pas pour les autres ! Éviter de revendiquer un droit ne doit pas empêcher de reconnaître celui des autres ; et accepter le devoir ne signifie pas de l’exiger des autres ! Ce qui compte entre Dieu et nous, ce n’est pas ce que les autres font, mais ce que nous, nous faisons.
Évidemment, il vaut mieux être juste, évidemment il vaut mieux répondre « oui » à l’appel de Dieu, mais ce mouvement doit naître de l’amour plutôt que de l’envie. Car c’est l’amour qui nous permettra de prolonger le premier mouvement et d’agir dans la fidélité. La Parole nous prévient : il ne suffit pas de bien commencer, il faut aussi bien finir. Il ne sert à rien de prendre son élan si nous n’allons pas jusqu’au bout. Dans la charité, on ne capitalise pas ; on ne coche pas une case pour être sauvé : il faut vivre et la vie est durée. Cela peut paraître exigeant, mais c’est aussi encourageant. Parce que c’est ce qui permet la conversion et le pardon. Il est toujours possible d’aller travailler à la vigne du Père. Ce qui compte c’est de ne pas s’enfermer dans un mouvement spontané mais de se situer par rapport à la volonté du Père, et de l’accomplir avant qu’il ne soit trop tard.
Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Refuge des pécheurs, qu’elle nous apprenne à revenir sur nos refus pour nous convertir. Vierge fidèle, qu’elle nous montre comment persévérer dans ce que nous avons accepté. Mère du Bel Amour qu’elle nous façonne selon le cœur de Dieu pour que nous soyons dans les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus, et que nous demeurions en lui comme il demeure en nous dès maintenant et pour les siècles des siècles.
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Publié le 16 septembre 2026